EL GAROTTK. — LE GARROT
Pendo Jiisqa'i ee que mort •'eotaivê.
Il me Mmble que vont de«et biflii regtvtter eflt« bcllfl vie. lui dU-je avec l'air du plaa grand intérêt.
i. iJ^tHt VAm mort.
(Au viilien de la fta^ Stm-Juan^de^IHfUs f'ilève une ntradê, ieujt escaliers y conduisent ; au centre est un fauteuil du bois fort simple^ adossé à un long pieu ; deux lignes de miliciens s'étendent de chaque côté de cet écliafaud , et forment un long cordon qui va rejoindre la porte de la chapelle ardente. Une foule innombrable encombre la place, et garnit les fenêtres et les toits des hautes maisons de ce barrio ; enfin les remparts, et jusqu'aux fortifications qui défendent la porte de terre , sont enraltis par la multitude. — // est onze heures, le soleil brille , et la haute coupole de Saint-Jean se détache sur un ciel pur et bleu.)
LE BARBIER flqrès , à UH homtne du peuple. — Faites-moi la faveur, mon compère , de me laisser un peu passer devant vous , votre taille vous permet de voir par-dessus ma tèie y et , Dieu me sauve ! ces spectacles^ sont malheureusement si rares qu entre chrétiens il faut s'aider un peu dans la voie du salut.
L*H0MME DU PEUPLE. — Allous , passcz y seigneuT , et ne m'oubliez pas dans vos prières.
EL UAROTTE. v 147
FLORÈS. — Santa<>Carinen vous bénira , mou coin<^ père , et voas ne regretterez pas de ni*avoir obligé quand vous saurei que j'ai de curieux détails sur le renégat qu'on va tout à l'heure étrangler.
UNEJELNE vriLR. t — Sainte Vierge! vous l'avez vu peut-être? Quel bonheur ! Une telle faveur n'est pas faite pouc des gens comme nous ; pendant ces trois jours que le damné vient de passer en capilia , les bonnes places auprès de la grille n'étaient que pour les grandes dames.
UNE AUTRE JEUNE FILLE , totUe chargée de rubans et couverte de fard et de mouches. — - Je suis donc une grande dame, moi, car je l'ai vu comme je vois le plat à barbe de ce barbier aux jambes de héron , et , par ma patronne ! . . .
LE BARBIER FLORÈS , avec UHC ifitouation colérique. — Ta patronne , ma fille , ne figure pas dans le calendrier , et si je ne m'abuse , elle a souvent fait le tour de la ville , la tête rasée , et montée sur une bourrique , le visage tourné du côté de la queue.
LA JEUNE FILLE , tirant son couteau de sa jarretière, : — Barbier de l'enfer, ton gosier est trop étroit pour de telles paroles ; par le Christ ! je vais te Tagrandir.
UN MAJ«. — Ailoqs , tais-toi , hé , la fille aux ru** bans , hé ! retourne rue del Fideo , chanter sur ta guitare et baisser ta jalousie pour jeter des fleurs aux passants. Si tu as vu le Gitano de si près , c'est que probablement le bourreau t'a souvent aidée à détâcher ta mantille , et il t'aura protégée dans cetta
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circonstance. (Lui arrachant son couteau) — Demonio ! ne joue pas avec cette épingle , car tu te blesseras et moi aussi. Veux-tu que je la remette à son ceinturon, fille de mon âme?
LA JEUNE FILLE. — Chien d'hérétique, je serai vengée , car voilà le frère José.
UN CAPUCIN, portant d'une main une lanterne^ sur laquelle sont peints des diables au milieu des flammes, et de l'autre une bourse. — Pour les âmes en soufTrance dans le purgatoire, mes frères, donnez au nom du Christ. Le ciel vous le rendra. (Les assistants saluent humblement, s'agenouillent avec componction, et ne donnent rien du tout J.
LA FILLE AUX BEAUX RUBANS. — Avc, Maria, rcccvcz ce réal , frère José , et priez pour que ce chien de Majo soit é ventre à sa première débauche. — Dites donc, frère José, vous ven*ai-je bientôt? Ma natte est blanche , mes alcantaras sont garnis de fleurs nouvelles, et j'ai de royaux cigares de la Havane.
LE CAPUCIN, tournant rapidement les talons, et criant d'une voix haute : — Por las aimas del purgatorio, senores!
LA JEUNE FILLE. — Frèrc José , frère José , vous m*avez donc oubliée , je n'ai pourtant omis ni une messe , ni un angélus. ^
FLORÈS. — Il paraît , mes compères , que le révérend dirige la conscience de la senora : heureusement qu'il est robuste , car ce doit être une terrible tâche ! Amen.