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SCÈNE PREMIÈRE

j:pami\()M)as, simowkal'.

Kp.nminnndas a trenle-ciii'i ans; de procureur du roi il psl devenu juge ; son air est encore plus rogue el plus rengorge. Sinionueau ne parait pas change. l>n scène se passe dans la chambre à coucher d'Kpaminondas ; au fond une alcôve ; de chaque coté un cabinet dont les vitrages sool cachés par an rideau.

KTAMixoMiAS, tifléchissant. — Le plus fort est lait ; tout ce que je crains maintenant, c'est sa diable de tète !...

siMowKAi. — Écoute donc, mon elier, ta dure depuis cinq ans, et à son à<{e on uc se voit pas ainsi

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quittée sans regrets, vu qu'à son âge les successeurs sont rares ; et puis encore à son âge...

ÉP.Aïiixoxu.AS, ï interrompant. — A son âge, à son âge ! tu es toujours à me parler de son âge... il ne s'agit pas de ça.

siMO.WE.AU. — Mais il s'en agit fort au contraire, car si cette pauvre madame Grasset n'avait pas son âge, elle trouverait un consolateur qui te ferait oublier ; mais avec ses petits cinquante ans il lui faudra passer au moins une bonne douzaine d'années à chercher ledit consolateur, et alors, ma parole d'honneur, je crois qu'il sera trop tard pour. ..

Éi' A.Mi.voxD.AS, l'interrompant et haussant les épaules, — Si c'est ainsi que tu me donnes des conseils, je t'en remercie.

siJiON NE AL.— Voyons, pai'lons sérieusement. Après tout, cette pauvre madame Grasset, que peut-elle faire et dire? t'appeler gros ingrat... te reprocher que c'est grâce à son influence sur son neveu le ministre que tu as été nommé juge beaucoup plus tôt que tu n'aurais du l'être ?

KPAAiixoxD.is. — Eh bien ! oui , c'est justement ce qui me contrarie , je ne puis pas nier qu'elle m'ait beaucoup servi dans cette occasion ; aussi je ne sais pas ce que je donnerais maintenant pour ne lui avoir aucune obligation.

SIMOXXEAU. — C'est surprenant, ça fait toujours cet effet-là dès qu'on n'a plus besoin des gens. ÉPAAiLXOXDAS. — Avcc ccla , cllc d unc Xèie 1 ah !

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siiioxxK.AL. — Le fait est que, pour une ex-blonde de son âge , elle est têtue comme une mule.

KPAMixoxDAS. — C'est une enragée.

siJioxxEAi. — Alais quand elle serait mille fois plus hydrophohc , encore une fois, que peut-ellr faire? Elle ne peut pas te nuire dans l'esprit de son neveu le ministre , puisque lu épouses sa pupille à lui ; à quoi d'ailleurs madan»€ Grasset attribueraitelle ce revirement contre toi , clic (jui ta toujours s' fort appuyé près de lui i et j)uis enfin le ministre a trop d'intérêt à ce mariage pour ne pas se mettre au-dessus des criaillerics de sa respectable tante.

KTAMixovuAS. — Ccla cst Vraisemblable.

siMitxxEAi. — Cela est sur, car, entre nous, cette |)upillc-là , mon cber , qui n'a ni père ni mère , me fait joliment l'effet d'être un faux pas dudit ministre, quand il était mauvais petit avocat de rien du tout dans la province ; d'abord elle lui ressemble comme deux gouttes d'eau, en extrêmement affreux, vu qu'il est très-laid par soi-même.

ÉPAMivoxDAS. — Le fait est que l'orpbeline est loin d'être jolie , mais il faut bien passer par là-dessus, la dot est très-ruisonnable; mais l'important, c'est qu'en signant je suis nommé conseiller à 12,000 fr. d'appointements inamovibles. Or, c'est à peu près comme s'il ajoutait 200,000 fr. à la dot.

.siiH)X\K\L. — Juste, car à cinq pour cent, en viager, à ton âge, 12,000 francs de revenu représentent bien 200,000 francs... Tu étais vraiment né pour être bancpiier.

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KPAMivoxnAS. — Sans compter l'influoncc du ministre, car demain il ne serait plus qu'il se raccrocherait toujours à quelque chose , vu que dans ce lemps-ci on ne vous fait pas ministre impunément pour l'avenir ; et puis enfin j'ai la place , et je ne pouvais guère compter sur un pareil avancement, c'a été déjà bien assez que madame drasset m'ait fait nommer juge ; aussi , sans cette obligation que je lui ai, je me trouverais dans la plus belle passe du monde.

siAiowEAi. — ]\Iais que peux-tu craindre?

KPAAiixoxDAS. — Lcs scèues... madame Grasset est d'une violence !...

• si.AiowEAi . — Et où diable veux-tu qu'elle te fasse des scènes, puisque tu ne lui donnes plus de rendezvous? Ce n'est pas chez son neveu, ni au palais, ni dans la rue, ni chez toi ; car elle n'y est jamais venue, et n'oserait pas y venir; puis, à la rigueur, moi, je te conseillerais, si elle te tourmentait par trop, de tout avouer à ton ministre. Il a été, dans son temps, plus que farceur; il est roué comme un vieux juge, et il comprendra d'autant mieux ta position qu'avant tout, ce qu'il veut, tu ne peux pas te le dissimuler, c'est se débarrasser de sa fille naturelle en te la faisant épouser; ça te convient, soit, mais à lui aussi , et il laissera crier sa tante, sois-en sûr.

KPAMixoN'D.AS. — Au fait , tu as raison , c'est là le plus court ; mais en attendant je vais toujours me sceller le plus possible.

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