‹ Comédies sociales et scènes dialoguéesChapitre 30 sur 86 · I.E CHOEUR · texte numérisé non relu

I.E CHOEUR

Législateur... titre souverain et majestueux! Est-il uu plus magnifique sacerdoce , une plus divine mission : Aux hommes donner des lois.

Imposer des lois à tout un grand peuple, non par la force, mais par la seule autorité de l'intelligence , du savoir et de la vertu.

Donner des lois!... pouvoir écrire son mot, sa j)ensée dans un de ces commandements sacrés qui résument les hautes et sages méditations des élus, et qui sont religieusement écoutés par une nation tout entière.

Faire enfin la loi ! la loi ! devant laquelle le roi môme se découvre et s'incline ; car il est le premier de ses sujets.

Mais aussi qu'ils sont sages, austères et éclairés, ceux qui ont à remplir ces puissantes fonctions ! Quel foyer de lumières chacun fait rayonner autour de soi, et quelle splendeur en rejaillit sur le pays!

Oh ! c'est que chaque législateur a compris que sa mission était si vaste que, pour la dijïnement remplir, il fallait pouvoir faire planer sa pensée des plus hautes théories gouvernementales aux individualités et aux connaissances les plus diverses.

Et ils ont encore compris que, pour être à la hauteur de leur mission impériale , il fallait avoir longuement médité l'histoire des gouvernements de tous les peuples , les causes de leur ruine ou de leurs prospérités, puisque le législateur doit décider drs formes et de la marche du gouvernement des peuples.

Et ils ont encore compris qu'il fallait avoir profondément observé l'humanité , ses penchants , ses vertus et ses vices, puisque, par la loi qu'il fait, le législateur dirige , réforme et améliore la condition des sociétés.

Et ils ont encore compris qu'ils ne devaient demeurer étrangers à aucun savoir ; que leur pouvoir décidant universellement de toutes les questions possibles, leurs connaissances devaient être aussi universelles ; et ils ont enfin compris qu'ils devaient avoir étudié depuis la guerre jusqu'à l'industrie, depuis les belles-lettres jusqu'aux sciences exactes

puisque l'action du législateur s'exerce sur tout, depuis la guerre jusqu'à l'industrie , depuis les belleslettres jusqu'aux sciences exactes.

Sans cela , s'ils étaient uniquement voués à une connaissance spéciale, s'y montrassent-ils supérieurs, quelle lumière, quelle conviction pourraient-ils ap-

porter dans l'examen de tant de questions qui leur seraient étrangères, et qu'ils devraient pourtant résoudre! Quelle autorité, quel poids aurait alors leur voix dans ces augustes débats qui fixent l'attention de l'Europe?... Leur adhésion ou leur refus serait donc dicté par l'ignorance, la faiblesse, ou une lâche complaisance?

Mais, non ! non ! leur savoir, leur intelligence est immense comme leur pouvoir. Avant de les choisir pour représentants, leurs concitoyens ne leur ont>ils pas demandé un compte sévère de toutes les bienfaisantes et sages institutions dont ils se proposaient de doter le pays, et des moyens que chacun possédait pour arriver à ces fins magnifiques?

Sans doute, les preuves de supériorité intellectuelle qu'on exige des élus sont bien grandes ; sans doute, peu d'hommes peuvent les réunir... Assez riche pour garder une indépendance honorable et payer l'éducation la plus ample et la plus complète, il faut encore s'être voué depuis sa jeunesse à des études sans nombre i à des travaux immenses, universels, afin d'être digne de se présenter au suffrage de ses concitoyens réunis.

Ce n'est pas tout : il faut que la vie privée la plu.s pure, la plus austère, la plus respectée, vienne donner une autorité majestueuse à l'imposante voix du législateur...

En pourrait-il être autrement? Celui qui fait la loi, la peut-il violer? Ceux qui, par l'organe de cette loi, disent aux autres hommes : « Vous serez régis

LE LEGISL.rrEUR. ICS

selon notre volonté ; nous vous ordonnons cela, nous vous défendons ceci ; n ceux-là ne doivent-ils pas être prêts à toute heure, par la vie la plus magnifiquement exemplaire, à justifier de la haute confiance qu'on leur a témoignée?

Est-il enfin pour eux des actions privées? Xon. Les moindres détails de leur vie doivent resplendir aux yeux de tous. La plus inexorable sévérité doit leur demander compte de tous leurs actes et n'admettre aucune faiblesse , aucune erreur , aucune faute...

La mission est haute et superbe et volontaire ; ils la briguent ardemment, qu'ils en soient dignes ! Elevés au-dessus des hommes par leurs puissantes fonctions, qu'ils les dominent également par une iiilelligence et une vertu surhumaines.

Législateur!... titre souverain et majestueux! Eslil un plus magnifique sacerdoce ! une plus divine mission : Aux hommes donner des lois !

Imposer des lois à tout un grand peuple, non par la force, mais par la seule autorité de l'intelligence, du savoir et de la vertu !

Pouvoir écrire son mot, sa pensée dans un de ces commandements sacrés qui résument les hautes méditations des élus, et sont religieusement écoutés par la nation tout entière!

Faire enfin la loi! la loi! devant laquelle le roi même se découvre et s'incline ; car il est le premier de ses sujets !

li.!^ COMÉDIE.

Les Candidats.

Le marqnis DE REAL'MÉXIL, pair de France.

M. JÉIUJME DIBREUIL, riche propriétaire.

M. (JOUARD, avocat.

M. KRKDÉRIC MELVAL, publiciste.

M JARII.OT. épicier.

M CHRISTOPHE DL.MOXT.

M. FRiyiET, journaliste.

Deux lialiituis de c.ifé.

Madame lU RREHL.

Madame C.ODARD.

Madame J.AHII.OT.

Madame MEL\ AL.

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