‹ Comédies (volume 2)Chapitre 111 sur 182 · POMME · texte numérisé non relu

POMME

N'en peuvent plus. Mon sort me devient odieux. Quel état que celui de messager des Dieux 1 Paresseux et gourmand, ce serait mon affaire De bien manger, de bien dormir, de ne rien faire Et d'économiser mon travail et mes pas.

Chansons 1 je ne dors pas et je ne mange pas I Si je veux sommeiller sous la nuée obscure, Mille voix aussitôt m'appellent :

Imitant diverses voix de femmes auxquelles il répond d mesure qu'elles lui parlent.

— Hol Mercure!

— Hein ? — Mercure par-ci — Quoi ? — Mercure par-là. En haut! En bas! Partout! Las ou non, me voilà.

Au public.

Oui, dussent les chanteurs me cribler d'épigrammes, C'est moi qui fais encor les courses de ces dames. Celle-ci veut sa flûte et l'autre son tambour I Et ce n'est rien auprès des messages d'amour I A travers les grands cieux je vais de porte en porte, Et je les porte.

Après une pause.

J'en rougis. Mais je les porte !

Imitant le ion qu'il prend pour s'acquitter d'un message.

Cher seigneur, ce jasmin vient de qui tu sais bien. Bon espoir. Et surtout pas un mot. N'en dis rien.

D'une voix plus douce et comme s'acquittant d'un autre message.

Ma Nymphe, Jupiter de là-haut te fait signe.

Sois heureuse. Il viendra dans son habit de cygne.

Tirant la pomme du filet où elle est contenue.

En ce moment encor je vais porter ceci :

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