VÉNUS, MERCURE
VÉNUS
Qjie l'air est étouffant 1 Toujours le même ciel et ses saphirs moroses 1 Toujours le même azur 1 toujours les mêmes roses ! Oh I que ne suis-je, ainsi que Diane, parmi Les chasseresses, dans le grand bois endormi Qu'éveillent tout à coup, par les rouges aurores. Les aboiements des chiens et les grands cris sonores I Je sens devant mes yeux flotter une vapeur De feu.
Prenant son miroir. — Avec une moue enfantine.
Viens, toi, miroir.
Après /être regardée.
Je suis à faire peur.
Au miroir.
Va-t'en.
Elle va pour jeter son miroir; mais elle n'achève pas h geste et se regarde de nouveau.
Cette coiffure est laide.
Avec accablement.
Ohl je m*ennuie.
Ne tombera-t-il pas quelques gouttes de pluie 1
MERCURE, à part.
Elle s'ennuie. Elle est maussade. Elle veut voir La nuée en courroux sur la terre pleuvoir.
Elle a ses nerfs I J'arrive à l'instant favorable. Produisons-nous. Allons.
Regardant Vénus avec convoitise.
C'est qu'elle est adorable I Haut.
Salut, belle Cypris.
VÉNUS, très noncJxilammeni,
Bonjour. De quelle part Viens-tu ?
MERCURE, piqué.
De quelle part I De la mienne.
VÉNUS, d'un ton glacé.
Il est tard.
Adieu, Seigneur Mercure. Il faut que je me pare Pour le festin des Dieux.
Demeure.