‹ Comédies (volume 2)Chapitre 114 sur 182 · VÉNUS, MERCURE · texte numérisé non relu

VÉNUS, MERCURE

VÉNUS

Qjie l'air est étouffant 1 Toujours le même ciel et ses saphirs moroses 1 Toujours le même azur 1 toujours les mêmes roses ! Oh I que ne suis-je, ainsi que Diane, parmi Les chasseresses, dans le grand bois endormi Qu'éveillent tout à coup, par les rouges aurores. Les aboiements des chiens et les grands cris sonores I Je sens devant mes yeux flotter une vapeur De feu.

Prenant son miroir. — Avec une moue enfantine.

Viens, toi, miroir.

Après /être regardée.

Je suis à faire peur.

Au miroir.

Va-t'en.

Elle va pour jeter son miroir; mais elle n'achève pas h geste et se regarde de nouveau.

Cette coiffure est laide.

Avec accablement.

Ohl je m*ennuie.

Ne tombera-t-il pas quelques gouttes de pluie 1

MERCURE, à part.

Elle s'ennuie. Elle est maussade. Elle veut voir La nuée en courroux sur la terre pleuvoir.

Elle a ses nerfs I J'arrive à l'instant favorable. Produisons-nous. Allons.

Regardant Vénus avec convoitise.

C'est qu'elle est adorable I Haut.

Salut, belle Cypris.

VÉNUS, très noncJxilammeni,

Bonjour. De quelle part Viens-tu ?

MERCURE, piqué.

De quelle part I De la mienne.

VÉNUS, d'un ton glacé.

Il est tard.

Adieu, Seigneur Mercure. Il faut que je me pare Pour le festin des Dieux.

Demeure.

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