‹ Comédies (volume 2)Chapitre 121 sur 182 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Approchant la pomme de ses lèvres.

Je puis Le savoir tout à fait. Je n'ai qu'à mordre.

Retirant vivement la pomme.

Et puis Après? Ce serait mal, car j'ai juré.

Avec un long soupir.

Mais comme Cela doit être bon de manger une pomme I

Approchant encore la pomme de ses lèvres.

Si je veux...

La retirant.

Non, c'est mal. Éteins-toi, mon désir, Meurs! Si vous m'épiez, brise, tremblant zéphyr. Vous voyez que je suis sage et que je retire Mes lèvres de ce fruit caressant qui m'attire ! Avec dépit.

Vraiment, cette Junon est heureuse. Elle n'a QM'à parler I On irait jusqu'au fond de l'Etna Pour chercher ce que veut son caprice farouche. Douce pomme I On dirait qu'elle baise ma bouche I

Parlant à la pomme.

Tu me tentes I Tu viens mêler ton souffle au mien, Charmeresse 1 Va-t'en. Je ne veux pas.

Comme involontairement, elle donne un coup de dent et mord la pomme. Lui parlant.

Eh bien.

Folle 1

Avec une philosophie résignée.

Tant pis. Le mal est fait. 11 ne m'en coûte

îi

Pas plus d*en finir. Non. Je veux la manger toute. Ma foi I Junon verra son espoir envolé 1 Je m'en moque.

Mordant la pomme d belles dents.

Oh 1 c'est bon, bon comme un fruit volé !

C'est bon comme un tour fait à Junon 1

EUe mange la pomme. Comme frappée d'une idée subite.

Qjie dirai-je A Mercure?

Se rassurant tout de suite.

Après tout, il me tendait un piège!

Chacun le loue avec raison d'être éloquent Et beau diseur; mais il est Dieu, par conséquent Homme; sachant fort bien lancer une épigramme. Si l'on veut, mais sot. Moi, je suis doublement femme, A tout le moins! Les gens du sexe fort sont nés Pour être des pantins qu'on mène par le nez,

S'asseyant sur le lit de repos.

Et je m'efforcerais à chercher que lui dire?

Des raisons ? J'ai mes yeux. Des mots ? J'ai mon sourire !

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