‹ Comédies (volume 2)Chapitre 128 sur 182 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Veux- tu... que sais- je, moi !

MERCURE, laissant échapper un cri de joie et de triomphe. Ahl

VÉNUS

C'est donc cela?

MERCURE, composant immédiatement son visage et affectant une profonde indifférence.

Non. Ta ceinture !

duelle folie I

VÉNUS, à part.

Il n'en veut pas I

Haut.

Prends-la, Mercure.

Tiens. Prends-la pour charmer l'ennui de ton exil.

MERCURE, hypocritement, A quoi bon? Qji'en ferais-je?

VÉNUS, à part.

Au fait, qu'en ferait-il?

Haut.

Si. Prends-la. Je le veux.

Lui mettant la ceinture dans la main.

Accepte-la, te dis-je.

MERCURE, prenant la ceinture des mains de Vénus. Cette ceinture émue et vivante, ô prodige 1

Tu me l'offres, à moi, Cyprisl En vérité J'en rougis 1 Dieu connu pour mon austérité, D'un œil indifférent et sec je la regarde.

Mais, puisque tu le veux, chère âme... je la garde I

VÉNUS, stupéfaite.

Ma ceinture I

MERCURE, voulant cacher dans sa poitrine la ceinture de Vénus.

Les feux dont elle m'enflamma Brûleront à jamais cette poitrine I

VÉNUS

Ma Ceinture 1

MERCURE

Là, jusqu'à l'éternité future.

Fidèle ami, je la garderai.

VÉNUS

Ma ceinture 1

MERCURE

En elle je pourrai revoir ta lèvre en fleur Et tes beaux cheveux d'or 1

VÉNUS

Ma ceinture 1 Au voleur !

Un coup de tonnerre retentit , Vénus et Mercure se séparent vivement et gardent un moment le silence.

Tiens 1 Jupiter m'entend. C'est un coup de tonnerre.

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