‹ Comédies (volume 2)Chapitre 129 sur 182 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MERCURE, souriant, à part.

Non. Hébé m'avertit. Le maître débonnaire A fait sa paix. Le cygne a réparé ses torts.

Donc, je n'ai plus besoin de la ceinture. Alors Soyons grand.

Haut,

O Vénus, je t'éprouvais. Cette arme Céleste, la ceinture où dort le divin charme, Objet de tes regrets, dont les feux enivrants Embrasent la nature...

VÉNUS

Eh bien?

MERCURE

Je te la rends I

VÉNUS

Encore I

MERCURE

Encor, Cypris!

VÉNUS

A cause du tonnerre.

Traître 1 — Tu vois qu'avec sa justice ordinaire Le Maître t'y contraint. Ne fais pas l'étonné.

MERCURE

Tu te trompes. Là-haut Jupiter a tonné Pour réclamer sa pomme. En cette conjecture, Je pouvais, en offrant à Junon ta ceinture,

Désarmer sa colère avec ce riche don,

Mais il ne me plaît pas d'obtenir mon pardon 1

VÉNUS

Qjioil

MERCURE

Règne. Sois heureuse en ce riant asile.

Moi, je cherche la brume et l'oubli. Je m'exile.

VÉNUS

Pourquoi donc?

MERCURE

Mon malheur n'est rien, mais tu l'accrois En ne voulant pas croire à mon amour 1

VÉNUS, tendant ses mains à Mercure»

J'y crois I

MERCURE

Vrai?

Vrai, Mercure.

MERCURE

Eh bien 1 non ! Ce trait me désarme.

Entends-moi. J'aurais tout donné pour une larme D'Hébé. Mes vœux, mes pleurs, mes récits, mes tourments, Rien n'était vrai. Depuis ce matin, je te mens Comme un soleil d'avril I je te volais, parjure. Ta pitié douce, après t'avoir pris ta ceinture.

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