ACTE I, SCÈNE VIII
LTCOMÈDE, bas, à Deîdamia.
DonC) prends ceue jeune dme, ainsi qu'un oiseleur Sa proie 1
Lycomède et les Princesses, sauf Deîdamia, entrent dans la maison. Dès qu'ils y sont entrés, Deîdamia va d Achille, avec une expression de sympathie et de franchise.
SCÈlsiE VIII
DEIDAMIA, ACHILLE
DEIDAMIA.
Et maintenant, veux-tu? pardonne-leur.
Iphis, mes jeunes sœurs ont des têtes frivoles, Mais ne te souviens pas de leurs vaines paroles. Sois bonne. Je sais bien qu'elles n'auraient pas dû Te quereller ainsi.
ACHILLE
Je n'ai pas entendu Ce qu'elles disaient I car de leurs lèvres vermeilles Tandis que s'enfuyaient ces murmures d'abeilles, Comme de gais oiseaux voltigent sans effroi, O Deîdamia, je ne voyais que toi 1 J*admirais tes yeux fiers et ta candeur insigne. Ton col flexible et pur comme celui d'un cygne. Et ces lèvres en fleur, douces quand tu le veux. Belle Nymphe, et le lourd trésor de tes cheveux Qp'éparpille le vent caressant et rebelle 1
284 DEÎDAMIA
deIdamia.
Qjioi ! chère âme, est-il vrai que tu me trouves belle?
ACHILLE
Plus qu'Aphrodite au sein mystérieux des flots. De k mer amoureuse apaisant les sanglots.
Et brillant sous Tazur comme un astre sans voiles! Plus que la Nuit au front environné d'étoiles !
DEÎDAMIA, s'asseyant.
Et toi, n'es-tu pas belle aussi I Le sang divin Dans tes veines d'azur ne coule pas en vain.
Et, comme le rayon qui ride l'onde obscure, La grâce de Thétis rit dans ta chevelure.
Qui sur ton cou bruni déroule ses flots d'orl
ACHILLE, amoureusement, Deïdamia I
DEIDAMIA.
Viens ici. Plus près encor.
Je veux baiser ce front de guerrière indocile, Iphis 1
Achille ^agenouille devant Deïdamia qui le haise amfrtml.
ACHILLE, se relevant. — Avec transport.
Je ne suis pas Iphis I Je suis Achille I
Dieux I
ACHILLE
Oui, je suis ce chef choisi par le Destin