SCE'ME III
LYCOMÉDE, ULYSSE, DIOMÊDE,
ACHILLE, DEIDAMIA, THOÉ, ZEUXO,
PERSÊIS j puis des Compagnon s d'Ulysse.
DIOMÈDE, apercevant les Princesses et Achille. A Lycomède,
Clairs regards 1 cheveux d'or 1 fronts de neige 1 ULYSSE, bas, à Diomède.
Allons, c'est à présent qu'il faut tendre le piège. Je veux que cet Achille introuvable, s'il est Parmi les vierges, reste aux mailles du filet. Mais, ami, parle-leur d'abord, je tends mes toiles.
300 DEÏDAMIA
D I O M È D E I aux Princesses et à Achille, qui se sont approchés.
Comme on voit dans les cîeux un groupe clair d'étoiles Illuminant le front sinistre de la Nuit, De même une lueur vous précède et vous suit.
Princesses, et vos fronts ont des clartés d*aurore.
DEÏDAMIA.
o RoiSy vos noms partout fameux, qui les ignore? Ulysse et Diomède, illustres, sans rivaux, Encor pleins de jeunesse, ont fait mille travaux Dont Hellas est l'ardente et fière spectatrice. La Déesse aux yeux clairs, Pallas dévastatrice Dans les combats sanglants vous mène par la main. Puisse-t-elle bientôt, vous ouvrant un chemin Vers les murs d'Ilios, en faire votre proie !
ULYSSE, d'un ton affligé.
Vœux stériles I
LYCOMÊDE.
Comment ?
ULYSSE
Dompter la grande Troie, Nourrice de chevaux! Fou qui l'espère encor 1
LYCOMÉDE, de plus en plus surpris. Pourquoi donc ?
ULYSSE
Les Troïens ont pour leur chef Hector.
LYCOMÊDE.
Eh bien ?
Il combutlre Hector ce
A le fils de Laerte
C«t invincible? Ainsi dans le ciel ébloui La foudre éclate, et sur les collines prochait L*ODragan furieux déracine les cbénes»
Tel le farouche Hector envoie au fleuve noi Les guerriers et les cbeh.
Qiii peut dompter l'éclair
;r rorageï
^02 DEIDAMIA
ACHILLE, avec une ironie méprisante.
Ce n'est pas la colombe, à coup sûr !
ULYSSE, baSf à Diomèdt. — Lui montrant Achille,
Vois sa rage.
Cher Diomède. Achille est dans ma main. Je l'ai.
D E ï D A M I A , bas, à Aclnlle.
Contiens-toi.
ACHILLE, sans l'entendre. — A Ulysse.
Pour un roi, tu n'as pas bien parlé, due cet Hector, suivi de tous les Priamides, Effraie au bois les cerfs et les lièvres timides. Et les rois trop prudents aussi, je le veux bien ! Mais qui sait? on peut voir un héros argien Qui, pour forcer Hector à garder le silence, Saura dans le combat le frapper de sa lance, Ou qui le percera de son dur javelot, Si bien qu'alors peut-être, avec un long sanglot, Attirant les hiboux et les corbeaux funèbres. Son âme de héros fuira vers les ténèbres, Et que dans son sang noir de nos cœurs exécré Le sol rouge et fumant sera désaltéré 1
Achille, dans son transport, saisit une coupe pleine, et avidement la vide d'un irait.
ULYSSE, bas, à Diomide.
Vois comme cette vierge, en sa fureur virile, A vidé cette coupe énorme. C'est Achille I
D E ï D A M I A , à ses saurs, leur montrant Achille. Attention, mes sœurs, il se trahit.
Alors )n verra es vainqueur dans la foule des morts
Elu prmi att aujx II lu vlit d'un Irait, nunnic a Jail
Elu prmd ui
Vois donc 1 Mais
Et dans la fange impure
it fauchés comme des épis mùrsl lIOMiDE, Sai, à Ulyai.
ime l'autre, elle a vidé la coupe t
Alors les cbiens hidem et les corbeaux par ti Viendront, et le héros, sur les cailloui gross: Servin de pâtuie aux oiseaux camassiersl
Elh prtnd vm laapi, la vldt iTiin Irall tl U ram MU. In ÏBMnto di Ljcomidi mlrml a itnp,
DIOM^DE, bm, i Ulyui.
Eh bien, que! est le son de tes ruses subtiles
504 D El D AMI A
ULTSSE, à Diomède,
Je m*y perds 1 Nous n'avons ici que des Achilles, Et chaque vierge a bu le vin comme un Titan, Ou comme un sable d'or près du fleuve Océan Absorbe Tonde amère et boit le flot humide.
LYCOMÊDE, à Ulysse et à Diomède.
Rois, mes filles, quittant leur allure timide. Ont parlé devant vous peut-être imprudemment.
DIOMÈDE
L'amour du sol natal a dans leur sein charmant Comme un rapide orage excité ces colères.
ULYSSE
Mais permets qu'à présent, sous tes yeux tutélaires, Nous puissions leur offrir quelques dons, par malheur Indignes de l'éclat de leur jeunesse en fleur.
Faites donc.
ULYSSE
C'est du moins l'amitié qui les offre.
A ies compagnons.
Compagnons, venez là. Plus près. Videz ce coffre.
Tandis que les Compagnons d'Ulysse vident le coffre et étalent sur la table les objets qu'il contient, Deidamia attire ses sœurs d l'écart.
DEIDAMIA, à ses sœurs.
Mes sœurs, n'oubliez pas, avec vos jeunes ans, Qu'un piège sûr est là, caché sous leurs présents.
Imitons El ces 1
: bien Achille st son ; marchands de ruse en
ime hautaine,
peine.
Toi, m
on mpitiel obéis en l^i
1 Ddd.mU.
Je suis
très douï.
Mais tu
le vo
DEÏDAMIi.hu