‹ Comédies (volume 2)Chapitre 155 sur 182 · SCELLE IV · texte numérisé non relu

SCELLE IV

ACHILLE

Hector !

Toujours ce nom ! Pourquoi me le cacher encor, O Dieux? Mais à la fin, dur faucheur des batailles, Nous en viendrons peut-être à mesurer nos tailles 1 Alors, vainqueur sanglant, quand tu serais un Dieu, Ta tête où l'on croit voir une aigrette de feu, Garde-la bien, car moi, dans la rouge tuerie J'irai vers toi, j'irai, guidé par ma furie.

Foulant les morts, et sur tes yeux brillants et clairs Mes yeux silencieux lanceront des éclairs.

Et mes coups tomberont sur toi comme l'orage; Et si quelque immortel ne t'arrache à ma rage. Certes, le vieux Priam pleurera sur son fils Couché dans la poussière, et...

312 DEÏDÂMIA

SCÈI^E V ACHILLE, ULYSSE.

ULYSSE, jouant la surprise.

C'est toi, belle Iphîsl

ACHILLE, à part.

Ulysse 1 J'ai pitié de sa ruse inutile.

ULYSSE

Seule! Que fais-tu là?

ACHILLE

Mais, tu le vois, je file Ma quenouille. Car c'est ainsi que nous régnons. Nous autres. C'est au mieux, si tes chers compagnons. Ne laissant pas leur glaive amasser de la rouille. Le caressent, ainsi que moi cette quenouille. Et savent faire mieux que tourner un fuseau I

ULYSSE

Ils sont braves. Jamais la peur en son réseau

N'a pris leurs cœurs. Mais quoi ! leur bravoure est stérile,

Puisqu'ils ne vaincront pas à moins d'avoir Achille.

Négligemment.

Du moins on le leur a fait croire. Mais pourquoi Ne vaincrions-nous pas sans Achille?

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