‹ Comédies (volume 2)Chapitre 162 sur 182 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

ACHILLE

Moi, seigneur I

DEÏDAMIA, bas, à Achille. — D'une voix caressante. Obéis.

ACHILLE, haut.

C'est bien. Je chanterai.

LY CO UÈDE, à Deidamia.

Toi, Deidamia, viens ici. Prends la lyre.

Tandis que tous se groupent autour d'Achille et de Deidamia, Ulysse entraîne Diomède d Pécari et lui parle bas.

ULYSSE, baSf à Diowide.

Voici l'instant. Sitôt qu'Achille, en son délire, S'enfuira, va, suis-le. Trouble son cœur sans frein I Toi-même, attache-lui la tunique d'airain Et le casque mouvant. Q^e la fureur guerrière Le prenne, et que Thétis elle-même soit fière De voir rougir le front menaçant de son fils I

DIOMÈDE, bas, à Ulysse.

Ami, je le suivrai.

ULYSSE, haut, à Achille,

Nous t'écoutons, Iphis.

ACHILLE, chantant,

Ob! protège les nefs rapides, Tbétis, Déesse au péplos bleu.

Qui dans l'azur des flots spîendides Réfléchis le soleil de feu !

324 DEIDAMIA

Tous les Diâux, que le ciel effleure.

Désiraient ta belle demeure De clairs saphirs et de coraux:

Tous, ils ^adressaient leur prière; Mais toi, dans ton âme guerrière.

Tu leur préféras un héros I

On entend un hruii de trompettes â' abord confus et comme étouffé , Achille interrompt son chant et dit cPune voix déjà émue et inquiète :

Mais quel est donc ce bruit effrayant?

ULYSSE, rassurant Achille.

Chante encore.

Ce n'est rien. C'est la mer qui gourmande à Taurore Les blancs coursiers d'écume et les cruels typhons. Et qui hurle d'horreur dans ses gouffres profonds.

ACHILLE, chantant.

Car le héros en sa démence Est l'image du flot amer I Pareil dans la mêlée immense Aux fureurs de la vaste mer.

Il court, semblant avoir des ailes; Et parmi les flèches mortelles, Riant à l'airain qui le mord.

Il va, la main de sang trempée.

Cherchant le baiser de l'épée Et la caresse de la mort/

Le bruit de la trompette éclate rapproché et formidable. Tous les personnages, excepté Ulysse et Diomède, sont frappés éPétonnenunt ou à^ épouvante. Achille, transporté de fureur, décrie :

Écoutez 1 Ce sont eux I Par quelque affreux prodige

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