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Le théâtre représente une place publique, éclatante de gaieté et de soleil. Scapin entre tfun air joyeux, en traînant un énorme sac gonflé jusqu'aux bords.
SCÈ'N.E T%EV^CIÈ%E
SCAPIN
Ciel napolitain, fait d'azur et d'or vermeil, Vois Scapin triomphant I Regarde-moi, Soleil I Baise ma chevelure, Aurore aux doigts de rose 1 Je suis riche!
Montrant le sac qu'il tient.
J'ai là, dans ce sac, le Potose.
// sort du sac des hardes précieuses, des joyaux, des sacoches d'or, qu'il remet dans le sac dès qu'il les a montrés.
Étoffes I diamants! sequinsl
Après avoir tout remis dans le sac.
J'en ai beaucoup.
// remonte la scène, regarde au fond avec une inquiétude rusée, et revient.
Hél Nul ne peut m'entendre ici?
Au public»
J'ai fait le coup.
Confidentiellement au public.
Géronte hier souffrait depuis l'avant- veille. Est-ce Du mal mystérieux qu'on nomme la vieillesse?
Je ne sais. Mais enfin cet honnête homme a pris Son vol vers le séjour où vivent les esprits. Il est mort. Rien de plus. Tandis que ses prunelles S'ouvraient à la clarté des choses éternelles,
Gaiement.
Hélas I
Changeant de ton.
pai couru vers le coffre, et, sans fracas.
J'ai pillé les joyaux, les hardes, les ducats 1 J'ai tout pris. C'est en vain que la fortune triche ; A présent, je la tiens aux cheveux. Je spis riche 1 Adieu, Naples, je pars I Près de tes flots dormants J'ai trop longtemps servi d'imbéciles amants ; A l'avenir, je veux intriguer pour moi-même.
Oui, c'est moi dont je sers les beaux amours 1 Je m'aime. Vous mêlerez pour moi, dans les riants manoirs, Hyacinthe au front d'or, Zerbinette aux yeux noirs, Vos chansons aux sanglots de la vague indocile I Et je vais te revoir, Éden, verte Sicile, O terre des épis tremblants et des grands lys,