‹ Comédies (volume 2)Chapitre 176 sur 182 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

C'est impossible I

NÉRINE

Le sac est trop petit.

Allons I Tu vas voir I

NERINE.

Bah 1 ton prône Est mal venu. Le sac est trop petit d'une aune.

SCAPIN

Mais non 1 Regarde au moins s'il n'a pas la longueur De Gérontel

NÉRINE

Admettons qu'il l'ait... à la rigueur; Mais je ne comprendrai jamais qu'un homme veuille

Montrant le sac.

Entrer là.

SCAPIN, insistant.

Ce barbon tremblait comme la feuille.

Moi, je l'encourageais du geste et de la voix.

NÉRINE, redoublant d' étonnement , et regardant le sac avec une expression d'incrédulité.

Et là dedans, son corps tenait?

SCAPIN, se mettant dans le sac.

Comme tu vois.

Facilement, sans nul embarras.

NÉRINE, affûtant la niaiserie.

Mais sa tête Passait, comme la tienne ?

se A PIN, avec une pitié complaisante.

Allons I tu £ïis la bête.

Cachant et découvrant sa tête tour à tour.

Il ramenait ainsi les bords da sac, et rien Ne passait. Est-ce clair? Me comprends-tu?

N É R I N E , serrant vigoureusement la coulisse du sac et le fermant par uu noeud solide.

Fort bien.

Criant pour être entendue de Scapin.

Lorsque l'on met les gens dans un sac, la malice Est de songer d'abord à serrer la coulisse.

SCAPIN, étouffant et criant dans le sac.

Heu!

NÉRINE, criant.

Tu tiens là dedans, monarque des valets?

SCAPIN

Oui.

NÉRINE

Tu ne pourrais pas sortir, si tu voulais?

SCAPIN, dans le sac, d'une voix étouffée.

Non. Pas du tout.

NÉRINE

Mais si.

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