‹ Comédies (volume 2)Chapitre 180 sur 182 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

SCAPIN, faisant la roue.

Elle m'aime.

Non pas.

SCAPIN

Si fait.

NÉRINE

Non.

Faisant un geste de reproche et de caresse et s'avavçant les bras ouverts.

Viens, Scapin, mon cher époux.

SCAPIN

Qjii, moi ? Jamais.

NÉRINE

Monsieur, pardonnez-moi les coups De bâton que...

SCAPIN, V arrêtant vit/einent.

C'est bon ! Je connais cette histoire.

Si Nérine me hait jusqu'à ternir ma gloire, C'est au mieux. Tu verras que d'autres yeux chez nous Réservent à ma flamme un traitement plus doux.

NÉRINE, sérieusement inquiète et affligée.

Zaïde ?

SCAPIN

Elle sera ma reine et mon idole.

NÉRINE

J'étouffe.

SCAPIN

Elle n'a pas la prétention folle D'assujettir un bât sur le dos d'un lion, Et de tramer Scapin chez le tabellion.

Il lui suffit de croire à mes ardeurs fidèles. Sans vouloir enchaîner le caprice et les ailes Du libre papillon que l'on appelle Amour!

NÉRINE, exaspérée.

Fatl

SCAPIN, avec un redoublement de fatuité.

Je cède à ses vœux, en effet. Mais c'est pour La sauver du trépas.

NÉRINE, abasourdie.

Hein! quelle est cette fable?

SCAPIN

Mon humeur qui la rend heureuse ou misérable, La guérit ou la tue alternativement.

Peut-être qu'elle expire en ce même moment 1

NÉRINE

Menteur I fourbe I

SCAPIN, avec fatuité.

Elle meurt pour moi. Son dernier souffle Est prêt à s'exhaler tout à l'heure.

ij

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