‹ Comédies (volume 2)Chapitre 181 sur 182 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

N É RI N E , â part.

Ah I maroufle 1 C'est cela que tu veux.

A Scapin, d'un air tragique.

Eh bien! ô mon vainqueur, Puisque la pitié même a péri dans ton cœur, Puisqu'il bat désormais

Reprenant le ton naturel.

Pour une péronnelle, Reprenant le ton tragique.

Je pars, je vais te fuir dans la nuit éternelle. Et chercher du trépas le secours odieux.

Elle arrache des mains de Scapin le couteau avec lequel il n'a cessé de jouer, feint de se frapper et jette le couteau.

Scapin, je meurs.

Elle se laisse tomber. — D'une voix mourante.

Vivez, digne race des Dieux.

Elle feint Sètre morte.

SCAPIN, très incrédule. — A part.

Ah ! très bien I

NÉRINE, à part.

Que dit-il ? Quoi 1 rien 1

SCAPIN, à part.

La chose est forte.

Peste 1 la chère enfant n'y va pas de main morte 1 Vouloir prendre Scapin deux fois aux mêmes lacsl Et peut-être, qui sait? le mettre dans deux sacsl Deux ibis rire de lui sous le ciel qui rougeoie 1 Mais, ma chère, en un jour, ce serait trop de joie I

Heureuse de m'avoîr traité comme un barbon, Tu te ferais alors mourir pour tout de bon.

Donc tu veux ton Scapin? Tu l'auras, sois tranquille. Mais ne te glisse plus dans les armes d'Achille Et ne tourmente pas son casque rayonnant.

NÉRINE, désolée. — A part.

Il ne dit rieni

SCAPIN, à part.

Parlons pour elle, maintenant.

Comme d lui-même^ mais parlant haut, de façoit à être entendu par Nérine.

Ma Nérine a fermé ses yeux. Je le déplore.

Mais, bah I Sans doute elle est mêlée avec l'aurore.

Légère elle est avec les anges, séraphin,

Et celui qui saura l'éveiller sera fin.

Résignons-nous. Ce monde, il faut bien qu'on en sorte.

Oui, ma Nérine est plus heureuse de la sorte.

Aux champs siciliens je redirai son nom,

Car je partirai seul, tout à fait seul.

Mais noni

NERINE, à part.

SCAPIN

Je n'y puis rien.

NÉRINE, à part.

Si fait.

SCAPIN

Ce beau lys, que décore Sa blancheur, est fauché pour jamais.

Page 1