‹ Comédies (volume 2)Chapitre 19 sur 182 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

Avec exaspération.

Paurais attendu, mais, Hélas ! n'être jamais aimé, jamais, jamais 1 Cest affreux 1 Le crapaud lui-même a sa femelle. Pourtant, ô solitude amie et fraternelle.

Buissons ! que cela doit être bon de pouvoir Croquer à belles dents ces fillettes 1 de voir Le sourire qui sur leur lèvre en feu va naître ! De leur dire tout bas : Je t'aime 1 d'être maître De leur petit bras blanc et de leur joue en fleur, De leur petite main si mignonne, de leur...

Entendant du bruit sous le feuillage.

Silence! quelqu'un vient par là. Non, je me trompe. Opand mon cœur bat ainsi, j'ai peur qu'il ne se rompe 1 lanthél Nisal Dorisl Ényol j'en connais De ces oiseaux de neige... Ahl si je les tenais I

A ce moment, Eunice entre pensive, plongée dans une rêverie profonde, et se parle d elle-même, sans voir Gniphon qui la dévore des yeux.

EUNICE, se parlant à elle-même.

Il la nommait son cœur, son trésor, son amante.

Maintenant, ma Glaucé gémit et se lamente.

Et Diane l'exile à jamais. Pauvre sœurl

Je la perds. Tout cela pour ce jeune chasseur.

Je voudrais seulement le voir sans être vue.

Et puis je m'enfuirais. Une peine inconnue

Me tourmente, je ris, je me laisse enivrer

Par le parfum des fleurs. Oh 1 c'est bon de pleurer !

Elle cherche du regard et du geste dans tous Us buissons.

Il n'est plus là. Cherchons encore.

54 DIAKE AU BOIS

GNIPHON, regardant Eunice,

duelle aubaine !

Qjiinze ans, des mains de lys et des cheveux d'ébène 1

Eunice sort et Gntphon va pour s'élancer xfers elle, mais au même instant entre Milite de l'autre côté de la scène. Sa pantomime exprime qu'elle est animée des mêmes sentiments que sa sceur. Comme elle, elle cherche dans les buissons et sous les ombrages U jeune chasseur qui a causé le malheur de Glaucé.

MÉLITE, se parlant à elle-même»

Cherchons bien.

GNIPHON, apercevant Milite.

Des cheveux couleur d'or et de miel !

Méliie sort et Gniphon va pour la poursuivre, mais il hésite entre Eunice et Mélite, et regarde alternativement les deux chemins par où les Nymphes ont disparu.

Ici Tenfer m'attire, et par là c'est le ciel Qjii s'ouvre. Par ici la brune, ici la blonde. Il faut ourdir un plan dans ma tête profonde. Montrons, il en est temps, le coup d'œil d'un gerfaut 1 Une fée 1 un démon 1 deux femmes 1 II m'en faut Une, en dépit des Dieux, et malgré leur séquelle. Où les poursuivre? A droite? à gauche? Vers laquelle Irai-je? Vers la blonde. Elle a les bras plus ronds. Mais la brune pourtant...

Mélite parait de nouveau, laissant voir seulement sa tête entre les feuillages, et disparaît rapidement, comme dans un éclair. Gniphm ^élance du côté oà a paru Mélite.

J'en tiens une. Courons I

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