‹ Comédies (volume 2)Chapitre 30 sur 182 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

DIANE, avec un cri déchirant.

Ahl perdue!

É R O s , suppliant .

• Écoute-moi 1

DIANE, éperdutf immobile, farouche et comme foudroyée

par sa douleur.

Pleurez, Solitudes l Maudis tes attributs sacrés.

Chasseresse I

Avec une ironie désespérée.

Pour toi la neige était impure 1 Et, vierge, tu trouvais au lys une souillure, Foulant avec mépris Téther surnaturel I Et l'aigle est moins rapide à monter vers le ciel Qu'à monter à ton front la rougeur n'était prompte Alors I Nymphe orgueilleuse, à présent bois ta honte I

ÉROS, humble et repentant,

Diane 1

DIANE, avec le mime accent farouche.

Laisse-moi. Val laisse-moi pleurer! Laisse mon sein gémir et mon cœur s'ulcérer.

Homme, ne trouble pas mon angoisse suprême.

Maudite, désolée, en horreur à moi-même.

Blessée enfin d'un mal que rien ne peut guérir. Je me hais, due peux-tu d'ailleurs?

ÉROS

Je puis mourir.

Mais, Nymphe, sur le pauvre enfant que tu détestes Tourne encor sans courroux ces deux astres célestes !

Approche, et sous rédair enivrant de tes yeux Je mourrai...

Avec effort.

sans regret I

DIANE, qui trahit son secret par un cri passionné.

Mourir I Toi I Justes Dieux I

ÉROS

Mais sache auparavant quelle flamme dévore

Le printemps de ma vie, et combien je t'adore I

Je suis Endymion, un berger fils de roi.

Diane, le soleil de mon âme, c'est toi 1

La nuit, lorsque ton char de diamant s'élance

Dans l'infini, je cours au bois plein de silence.

Dans les plis des rochers hideux, où se suspend

La ronce, je me glisse et j'avance en rampant.

Je suis ta chasse, errant sous les blancheurs de lune.

Tes Nymphes au hallier sauvage ou sur la dune

Te précèdent. Enfin, sur le gazon naissant

Tu parais, jeune et svelte et le pied bondissant.

Je cherche dans tes yeux le vol de tes pensées

Noires d'ombre et d'azur. Les étoiles glacées

Admirent en fuyant l'héroïque rougeur

De ton front virginal; et moi, pâle, songeur,

Ébloui de rayons, sentant croître la fièvre

Qui me brûle, je vois de loin briller ta lèvre

Dédaigneuse, aux clartés de ton astre changeant.

Cette lumière rose et ces flammes d'argent

Se confondent ensemble et m'emplissent de joie.

Mon regard alanguî dans tes cheveux se noie.

Sur tes pas, épiant alors chaque détour.

Je marche, déchiré d'épouvante et d'amour,

Et je te suis 1

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