SCÈNE IV
Que chez une fermière, au fond de rAngoumois, Du prix de mes sueurs j*aurai payé ses mois De nourrice ; qu'enfin de tout soin affranchie, Je Taurai hien nourrie, élevée et blanchie, Et rendue à mes frais belle comme un printemps, Pour qu'un fat vienne après me la prendre à vingt ans Sans restituer rien des sommes déboursées?
LÉANDRE
Un bon père...
ORGON
J'entends. Point de billevesées.
Un bon père est assez payé de son amour Par le bonheur de ceux qui lui durent le jour : De ce que j'ai donné pour elle, cher Léandre, Je ne regrette rien, mais je prétends qu'un gendre, En signant le contrat, m'apporte de l'argent.
LÉANDRE
Et combien?
ORGON
Vu qu'au fond je te sais indigent, Qjie je te vois gaillard et rose comme un moine. Et que cette beauté fut ton seul patrimoine; Vu l'état misérable où toujours tu vécus.
Et pour toi seulement, ce sera cent écus.
A parf, avec malice.
Cent écus, c'est le trait qu'ici je lui décoche.
LÉANDRE, épouvanté.
Cent écus I Faut-il donc dévaliser le coche D'Auxerre?
Sans croquer plus longtemps U marm Séparons-nous id, voilà mon dernier mot :
Cent fcns trébuchants, ou bien p« d'hyménée.
Cent écus.
O'gm ftint dt partir, |7 va Juiqit'à la portt, poil rniiHt. LÈMIDHE.
O hiale journée) Où trouver sur la teire un pareil galion?
Il pourrait aussi bien vouloir un million, Ou bien me demander la gabelle et son coflre. Que faire?
EU bieni as-tu pesé ce que je t'offre?
C'est cent écus seulement qu'il me taai. Cent écus. Cent écus.
Vousies aurei tantôt.