SCÈNE IV
LÉANDRE
Le charme de mes yeux, le pôle de mon coeur, L'astre qui me subjugue à son rayon vainqueur, Le tyran adorable à qui je dis : Ordonne, Moi, j'obéis.
ORGON
Pour dot, sais-tu ce que je donne?
LÉANDRE
Non,
ORGON
Aimes-tu la terre ou bien l'argent comptant?
LÉANDRE
L'un et l'autre a de quoi me rendre fort content,
ORGON
La monnaie est meilleure, étant moins apparente.
LÉANDRE
Oui, mais la terre aussi n'est pas, comme la rente, Variable.
Eh bien ! donc, étant moins vieux que Loth, Je prétends marier Colombine sans dot, Et tu peux rengainer ton épée et tes larmes Pour d'autres amours.
LÉANDRE, à part.
Diantre I Haut.
Épris de ses seuls charmes.
Sachez que je l'adore, et que ma passion Ne prétend rien de plus que sa possession.
ORGON
Cela va bien.
LÉANDRE
Brûlant d'une ardeur sans seconde, Avec elle mon sort est le plus beau du monde.
ORGON
As-tu de l'argent?
LÉANDRE
Non, pas sur moi.
ORGON
Mais ailleurs En as-tu?
Moi? J'espère en des destins meilleurs, Et j'ai vu des papiers dans mes bibliothèques, Par lesquels tous mes biens sont grevés d'hypothèques.
ORGON
due ne le disais-tu tout d'abord? Touche là.
Mouvement de joie de Léandre.
Colombine n'est pas pour toi.
LÉANDRE
Comme voilà Un obstiné vieillard, bourreau de sa famille I
ORGON
Parlons raison. Crois-tu que j'aurai fait ma fille.