SCÈNE VII
SCÈ'H.E VII COLOMBINE, puis ORGON
Ah I mon père me gourme et m'appelle vaurienne Si je prends les cadeaux des dénicheurs d'amour Lorsqu'ils m'ont reluquée et qu'ils me font la cour ! Ma foi, nous n'aurons plus ensemble de bisbille : J'espère qu'à présent je suis honnête fille, Car je n'accepte rien cette fois d'un amant, Je lui donne au contraire, et je pense vraiment Q.ue d'une vertueuse et sage demoiselle C'est là le fait. Mais vite, il faut montrer mon zèle. Mon père vient 1 Toujours il cède en enrageant. Il faut que je le tàte au sujet de l'argent.
A Orgou qui s'avance et qui se trouve près d'elle. Comme vous vous portez aujourd'hui, petit père 1
ORGON
Oui.
COLOMBINE
Vous vivrez au moins deux cents ans I
ORGON
Je l'espère.
COLOMBINE
due diriez-vous, au fond vous êtes obligeant. Si j'essayais... de vous emprunter de l'argent?
ORGON
Lorsque, aux joueurs fameux voulant faire une niche, En poursuivant sa belle un amoureux caniche Se jette au beau milieu d'un jeu de cochonnet, Comment le reçoit-on ?
COLOMBINE, arrangeant les cheveux d'Orgon,
Si l'on vous bichonnait ?
Fi 1 les vilains cheveux l
ORGON
Aucun bal ne s'apprête.
Je me trouve charmant, et jamais je ne prête.
COLOMBINE
Alors, donnez-moi. Cent écus?
ORGON
Le beau fuseau Que vous filez! J'irais engraisser le museau D'un bravache 1 Rayez cet espoir de vos livres. Je ne donnerai pas un écu de six livres.
COLOMBINE, gaiement^ Ohl que si!
ORGON
Pas cinq sous. Retenez bien cela.
COLOMBINE, s' exaltant.
Dans le jardin je sais de l'argent qu'on cela.
J'irai le déterrer.
ORGON
Épargne^t'en la peine.