SCÈNE VI
A quel degré le pauvre... Octave est mon parent. Mais comme le récit exact de ses misères M*a touché I
COLOMBINE
Je le crois 1
LÉANDRE
Se voir par des corsaires Traité plus durement que chez les Algonquins 1
COLOMBINE
Qjaoi donc, Tont-ils battu ?
LÉANDRE
Sans pitié. Ces requins, —
Cherchant dans ses poches.
y ai la lettre; que diable est-elle devenue?... Lui font scier du bois sur une roche nue.
COLOMBINE
Sur une roche 1
LÉANDRE
Eh, oui!
COLOMBINE
La barbare façon !
LÉANDRE
Et ne le veulent pas renvoyer sans rançon.
Enfin, si je n'ai pas cent écus dans une heure Pour ramener ici le neveu que je pleure ; S*il faut que sans secours il périsse là-bas Sous le bâton d*un Turc...
COLOT4BINE
Il ne périra pasl Compte sur ton amie en ce péril extrême, Cluand te faut-il les cent écus?
LÉANDRE
A l'heure même.
COLOMBINE
Eh bien I rassure-toi, tu les auras.
LÉANDRE, feignant de ne pas avoir entendu.
S'il faut Qii'ainsî ma loyauté soit surprise en défaut, Malgré mes feux, cherchant le fier trépas du brave, Aux bords tunisiens j'irai rejoindre Octave, Et tous les deux perdus...
COLOMBINE
Non, tous les deux sauvés I Reviens dans un instant.
LÉANDRE
Tu l'exiges?
COLOMBINE, lui tendant la main»
Vivez I
LÉANDRE, baisant la main de Colombine.
Pour VOUS seule I
Avec emphase.
Quoi qu'il arrive ou qu'il advienne * I
// sort.
* Quoi qu'il advienne ou qu'il arrive. (M. Scribe, Les Huguenots, acte III, scène i v.)