ACTE I, SCÈNE 1 II
duelque princesse ornant sa chevelure fière De rubis, à la fois chasseresse et guerrière, Et dont la robe d'or frissonne! Mais je suis Un fou de vous conter ma peine et mes ennuis Et les vagues espoirs dont j'ai l'âme inondée 1 Vous si calme toujours, ma tante Célidée, Vous n'avez pas connu ce mal cruel et doux  la fois, dont je souffre.
CÉLIDÉE.
Ami, qu'en savez-vous?
Peut-être, quand la brise insoucieuse et pure Agitait sur mon front ma jeune chevelure, J'attendais, comme vous, rêveuse, que céans Vînt un jeune héros qui, vainqueur des géants, Garde un souvenir pur et que rien ne profane, Tel qu'Amadis épris de la belle Oriane.
Pendant ces derniers vers, on a vu défier lentement sur le chemin qui est en dehors du château, sans être aperçus d'Olivier et de Célidée, Hardy et les comédiens, Aniaranie, Lucinde, Pymante, Jodelet, vêtus avec une richesse bigarre. Rosidor vient le dernier, après que ses compagnons ont déjd disparu. Il regarde le paysage, le front haut, la main sur sa rapière, et campé dans une pose noble. A ce moment, Célidée se retourne, l'aperçoit et ne peut retenir un cri.
CÉLIDÉE, apercei>anl Rosidor.
Dieux !
OLIVIER
Qu'avez-vous ?
CÉLIDÉE.
Là-bas...
Il6 FLORISE
OLIVIER
Eh bien?
CÉLIDÉE.
Ce cavalier I
OLIVIER, voyant enfin Kosidor, que lui désigne Célidée,
Mort-Dieu 1 l'étrange mine I
Après «n dernier regard sur la campagne, Rosidor disparaît à la suite de ses compagnons.
Avec ce lourd collier Et cette épée au loin traînant dans la campagne, II a l'air de Roland, neveu de Charlemagne, Q^and, vainqueur de Mahom et des Mores hideux, Il taillait par surcroît les montagnes en deux. Il est de belle taille.
CÉLIDÉE.
Et noble dans sa pose.
La pluie a quelque peu fané son pourpoint rose. Mais sa moustache a l'air de poignarder les cieux.
CÉLIDÉE.
Il a le front hardi...
OLIVIER
Superbe...
CÉLIDÉE.
Gracieux, Et sa plume s'envole ainsi qu'une fumée.