ACTE I, SCÈNE IV I3I
Toi, Ludnde, un flot d* Amours se joue En badinant parmi les roses de ta joue.
Cependant qu*Âmarante est digne de son nom Où resplendit au vif la pourpre de Junon.
LUCINDE
A la bonne heure 1
AMARANTE
Il parle à présent d'un bon style.
PTlfANTE, continuant.
Et roi, je laisserais Florise au péristyle
De mon palais d'or, pour vous ouvrir galamment
Toutes les portes.
LUCINDE
C'est fort bien dit.
PYMANTE, d'un ton négligé.
Seulement, Florise a ceci...
AMARANTE
Qiioi?
PYMANTE
Ceci, — chère gardienne De mon très humble amour, — qu'elle est comédienne I
LUCINDE, furieuse.
Et moi pasi
152 FLORISEv
AMARANTE
Chère, il faut avoir de la bonté Pour écouter ces fous au langage éhontél
Ce triste Jodelet, si maigre qu'il chavire
Dans son pourpoint, ainsi que sur mer un navire.
Et moins maigre pourtant que son pauvre destin 1
AMARANTE
Et ce Pymante obèse, ivre dès le matin.
Qui n*a jamais fini de boire à perdre haleine. Et porte en chancelant un ventre de Silène 1
PYMANTE
Le ventre de Silène a du bon.
LUCINDE
C'est un puits
PYMANTE
D'accord.
AMARANTE
C'est une outre.
De vin vieux.
LUCINDE
C'est un muids.
AMARANTE, montrant Rosidor, qui jusque-là est resté plongé dans sa rêverie.
Regardez Rosidor, qui brilla dans les fêtes I Plutôt que d'approuver les discours que vous faites
Et de louer aussi Florise p[us que moi, 11 se lait.
Dis, i moins qu'on ait le sang d'un ro Dans les veines, il moins qu'on ne porte l'hermini Et l'azur, ces dédains inspirés, celte miue De princesse, qui jelte un mot comme un tiésoi, Sont ton tristes i voir. N'est-ce pas, Rosidor?
Je t'admire I Cette héroïne, riche en nobles st Nous vient k notre nex prendre ci:
C'est vrai. Miis voulflt-elle en fiiite quelque chose, Hardy, qui ne sait pas hurler avec les loups, Ne le permettrait pas.
Il est bien trop jalou Jaloux I II l'aime donc?
£h oui ! sur ma parole 1
ROSIDOR
Oui, d'une amour ardente, inguérissable et folle, Qjai déchire son cœur en de rudes combats.
JODELET
Il l'aime, si jamais homme sut ici-bas Aimer éperdument une figure humaine 1
AMARANTE
Comment n'en dit-il rien?
LUCINDE
A-t-il peur de sa haine?
AMARANTE
Pourquoi ne s'est-il pas déclaré son amant?
LUCINDE
Pourquoi subirait-il un si cruel tourment?
AMARANTE
Car ce que Hardy veut, toujours il sait le prendre.
LUCINDE
Et bien vite, et sans peur.
AMARANTE
C'est à n'y rien comprendre.
JODELET, penùf et comme en extase.
Moi, je comprends.