ACTE II, SCÈNE I I
Un vent jaloux venu de la plage marine,
Tels mes ardents soupirs du fond de ma poitrine
S*exhalent vers l'azur du ciel aérien I
CÉLIDÉE, à part.
Quel dommage, pourtant! Lorsqu'il ne disait rien, Gimpé d'un air si noble, avec son pourpoint rose, 11 .avait presque l'air de penser quelque chose.
ROSIDOR
Ces yeux, de qui l'éclat m'est seul essentiel. Tantôt sur leurs rayons m'emportent vers le ciel, Et tantôt, me glaçant d'une froideur barbare. Me font retomber seul dans la nuit du Ténare.
CÉLIDÉE.
Mes yeux font tout cela?
ROSIDOR
Oui, madame, et bien pis.
Car, parmi leurs longs cils dans les flammes tapis. Les Amours y font rage, étant là plus de mille.
CÉLIDÉE.
Comme ce pays-ci d'ordinaire est tranquille.
Monsieur, j'avais pçnsé qu'un hôte n'aurait pas Le bizarre dessein de retenir mes pas Sous ces arbres touffus que le clair soleil dore, Pour me crier au coin d'un bois : Je vous adore, Fût-ce, comme à présent, en mots mélodieux.
Mais quoi 1 je me trompais I
ROSIDOR, tragiquement.
Je VOUS offense, ô Dieux I
146 PLORISE
CÉLIDÉE, d'un ton naturel.
Et comment?
ROSIDOR
Par ces mots qui peignent mon martyre 1
CELIDÉE.
Les enfants et les foas ont le droit de tout dire. Je ne me souviens plus de rien. Allez en paix, Monsieur.
ROSIDOR
Gazons, rochers, -noirs feuillages épais, Je vous prends à témoin que, l'ayant offensée, De survivre à ce coup je n'ai pas la pensée.
Se jetant à genoux et tirant d demi son épie. Oui, madame, mon bras secondé par ce fer...
CÉLIDÉE.
A merveille!
ROSIDOR
Saura contraindre ici l'enfer A prendre en main le soin de venger votre injure.
CÉLIDÉE.
Admirable 1
ROSIDOR, décontenancé.
Comment ?
CELIDÉE*
C'est au mieux. Je vous jure»