ACTE II, SCÈNE VII
Je blasphémais, te dis-je.
Et quant à ces mots-là, s'ils t'ont persuadé. C'est que tu n'étais pas, comme moi, possédé. Et que tu n'avais pas en toi senti descendre Le feu victorieux qui réduit tout en cendre.
HARDY
Florise, il faut partir. Ce désir qui vous mord.
Cet alanguissement funeste, c'est la mort
Du génie. Ah 1 courons chercher l'âpre caresse
De la Muse aux beaux yeux, notre seule maîtresse,
Et que sa grandeur soit notre unique souci.
Ahl fuyons.
Va-t'en, si tu veux. Je reste ici.
J'aime Olivier d'Atys.
HARDY
Hélas 1 pauvre Florise 1 Vous êtes bien ma sœur, puisque mon cœur se brise. Vous croyez aimer... qui? cet enfant curieux. Qui s'enivre du ciel reflété dans vos yeux.
Et qui n'est rien. Divine amoureuse blessée, II sort de vos regards et de votre pensée, Le rayon fugitif qui sur son front a lui.
Ce feu, que vous croyez voir resplendir en lui. C'est votre rêve, c'est votre âme, c'est vous-même 1
Florise, songeuse, baisse les yeux et garde le silence. Après avoir en vain attendu et sollicité du regard sa réponse, Hardy, accablé de tristesse, retenant une larme, sort en adressant d Florise un adieu désolé et muet. Demeurée
seule, Florise reste un moment pensive, puis, tout à coup, relève la tète, comme réconfortée et rassérénée par le sentiment de son amour.
Qtie me fait tout cela I je sais bien que je l'aime.
' Elle sort lentement, en jetant un regard sur cette solitude sauvage et charmante, où elle a entendu les aveux d'Olivier.