‹ Comédies (volume 2)Chapitre 87 sur 182 · ACTE III, SCÈNE I I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I I

CÉLIDÉE.

A tout à l'heure.

Cilidde sort.

ROSIDOR, à Florise.

PYMANTE

Feu follet, dont la fuite nous leurre I

JODELET

Je ne m'y trompe pas : vos huit jours, c'est toujours 1

ROSIDOR

Hélas 1

PYMANTE

Je vois déjà le vin et les amours Nous fuir.

JODELET

Cet avenir à mes yeux étincelle.

Notre hôte, en nous voyant, serrera sa vaisselle D'argent 1

AMARANTE, hypocritement.

Eh 1 quoi, Florise, est-il vrai, juste ciel 1 Vous nous quittez ? Je sens un déplaisir mortel A le penser.

Vous en guérirez. Amarante.

Ne vous alarmez pas.

LUCINDE

Moi, je me sens mourante.

Ce n'est rien.

PYMANTE

Nous voilà, sans vous, redevenus Des farceurs I

ROSIDOR

De méchants histrions demi-nus, Dont nul château ne veut, que nul seigneur ne fête, Sans honneur, sans espoir, et bientôt sans poète 1

Oh I n'abandonnez pas votre pauvre troupeau.

Qui bientôt n'aura plus que les os sur la peau. Et qu'on verra longeant les murs dans la nuit brune. Ainsi qu'un tas de gueux errant au clair de lune I

FLORISE , d'abord très émue, et $' efforçant de rester maîtresse d'elle-même.

Qu'il est triste, le soir qui tombe, et nous sourit 1 Je vous quitte, il est vrai, pour un temps. Mon esprit. Lassé de tant d'efforts et brisé par l'étude, Veut chercher le repos dans quelque solitude.

JODELET

Ahl cruelle 1

Cessez de m'affliger ainsi 1 Votre art ne peut mourir, et sans moi. Dieu merci,

Page 1