‹ Comédies (volume 2)Chapitre 88 sur 182 · ACTE III, SCÈNE I I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I I

Ne sera pas haï du peuple ni des princes;

Il doit prétendre encore à ravir nos provinces,

Car l'envie à présent ne saurait l'étouffer.

Et vous pouvez sans moi désormais triompher.

Alexandre Hardy pour la France virile

A réveillé la lyre orageuse d'Eschyle,

Et le glaive tragique aux feux sanglants et clairs

Brille en ses fortes mains, environné d'éclairs.

Pour charmer la patrie, à les admirer prête.

Ses vers n'ont plus besoin de leur humble interprète,

Et c'est assez pour eux qu'à leurs accents vainqueurs

Vous prêtiez les élans généreux de vos cœurs.

Allez donc, sans moi, suivre une route si belle.

Sans doute à vous quitter mon cœur longtemps rebelle

A combattu, mais un destin plus fort que moi

Me terrasse vaincue et m'impose sa loi.

Oui, comme vous l'a dit madame Célidée,

Un mal profond, par qui je me sens obsédée

Et qui depuis longtemps brise mon front pâli.

Me contraint de chercher le silence et l'oubli.

Oh I quand je vous suivais dans vos courses lointaines,

Folle, errante, et buvant comme vous aux fontaines,

Je me croyais liée à vous, et pour jamais!

En renonçant à ceux qu'en ce temps-là j'aimais.

Hélas I que j'aime encor, la tristesse m'accable.

Mon parti cependant est pris, irrévocable.

Voilà pourquoi je veux dérober si je puis

A vos yeux ce poignant regret, dont les ennuis

Contre mon abandon vous donneraient des armes,

Et je vous quitte, enfin, pour vous cacher mes larmes.

Elle sort.

SCÈ'hLE II

LES COMÉDIENS, puis HARDY.

PYMANTE

Mon pauvre Jodeletl

JODELET

Non, j'ai trop de souci.

ROSIDOR

Plus d'espoir.

LUCINDE

Il le faut, résignons-nous.

JODELET

Merci.

Se résigner, c'est, dit un mot du populaire.

Souper de rien du tout, arrosé d'une eau claire.

ROSIDOR

Enfin, qu'a-t-elle?

PYMANTE, à Amarante,

' Dis, que peut-elle envier?

AMARANTE

Vous ne voyez donc pas que le comte Olivier La courtise 1

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