ACTE III, SCÈNE I I
Ne sera pas haï du peuple ni des princes;
Il doit prétendre encore à ravir nos provinces,
Car l'envie à présent ne saurait l'étouffer.
Et vous pouvez sans moi désormais triompher.
Alexandre Hardy pour la France virile
A réveillé la lyre orageuse d'Eschyle,
Et le glaive tragique aux feux sanglants et clairs
Brille en ses fortes mains, environné d'éclairs.
Pour charmer la patrie, à les admirer prête.
Ses vers n'ont plus besoin de leur humble interprète,
Et c'est assez pour eux qu'à leurs accents vainqueurs
Vous prêtiez les élans généreux de vos cœurs.
Allez donc, sans moi, suivre une route si belle.
Sans doute à vous quitter mon cœur longtemps rebelle
A combattu, mais un destin plus fort que moi
Me terrasse vaincue et m'impose sa loi.
Oui, comme vous l'a dit madame Célidée,
Un mal profond, par qui je me sens obsédée
Et qui depuis longtemps brise mon front pâli.
Me contraint de chercher le silence et l'oubli.
Oh I quand je vous suivais dans vos courses lointaines,
Folle, errante, et buvant comme vous aux fontaines,
Je me croyais liée à vous, et pour jamais!
En renonçant à ceux qu'en ce temps-là j'aimais.
Hélas I que j'aime encor, la tristesse m'accable.
Mon parti cependant est pris, irrévocable.
Voilà pourquoi je veux dérober si je puis
A vos yeux ce poignant regret, dont les ennuis
Contre mon abandon vous donneraient des armes,
Et je vous quitte, enfin, pour vous cacher mes larmes.
Elle sort.
SCÈ'hLE II
LES COMÉDIENS, puis HARDY.
PYMANTE
Mon pauvre Jodeletl
JODELET
Non, j'ai trop de souci.
ROSIDOR
Plus d'espoir.
LUCINDE
Il le faut, résignons-nous.
JODELET
Merci.
Se résigner, c'est, dit un mot du populaire.
Souper de rien du tout, arrosé d'une eau claire.
ROSIDOR
Enfin, qu'a-t-elle?
PYMANTE, à Amarante,
' Dis, que peut-elle envier?
AMARANTE
Vous ne voyez donc pas que le comte Olivier La courtise 1