‹ Comédies (volume 2)Chapitre 92 sur 182 · HARD · texte numérisé non relu

HARD

Non. Moi, pleurer ? Quelle idée 1 J'ai l'âme de bonheur et de joie inondée, Et je me sens folâtre à n'en pouvoir guérir 1 Lorsque en nous une vieille amitié va mourir, Celui qui se désole est, je pense, un pauvre homme ; Mais le sage, voyant qu'il faut la perdre, en somme. Rit, etsla sait gaiement arracher de son cœur!

Cher poëte, à quoi bon prendre cet air moqueur ?

l86 FLORISE

A sa manière aussi l'ironie est morose.

Si vous trouvez amer, comme je le suppose, De nous quitter si vite, et de nous dire adieu Sans avoir eu le temps de nous rasseoir un peu, Il fallait bien plutôt — ce n'est pas une affaire — Demeurer quelques jours ici.

HARDT, éclatant,

Moil Pourquoi faire?

Pour voir un autre amant tout près de vos cheveux Soupirer, et tout bas vous dire ces aveux Q;i'on écoute en silence et que la brise emporte ? Je resterais pour voir cela?

Que vous importe ?

HARDY

Dieux ! — due m'importe ! — Ah çà ! mais vous ne comprena

Donc rien 1 Vous êtes donc bien aveugle 1 Tenez,

Puisqu'elle me déchire, il faut que je vous dise

La vérité. Vraiment, vous l'entendrez, Florise.

Écoutez, je vous aime et comme au premier jour.

Follement, ardemment, lâchement. Cet amour

Me brûle. J'avais beau prendre un masque impassible.

Je m'en nourris, j'en vis, j'en meurs.

Est-ce possible ?

HARDY

Tu le sais bien. Peux-tu te tromper à ce cri

De mon cœur ? Ah 1 c'est vrai, j'ai dit : Je suis guéri ;

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