‹ Comédies (volume 2)Chapitre 95 sur 182 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Près d'Olivier.

Laisse-moi. Je veux rester ici,

HARDY, apercevant Olivier.

Sois donc heureuse, le voici.

Oui, c*est bien lui, c'est ton geôlier, pauvre hirondelle Captive I

Plus un mot.

SCÈ'ME IV

HARDY, FLORISE, OLIVIER, puis SYLVAIN.

OLIVIER, entrant, et admirant Florise transfigurée par son émotion.

Comme vous êtes belle 1

FLORISE, souriant.

Vous trouvez, monseigneur?

OLIVIER

Oh 1 si belle !

Merci I

OLIVIER, s'anintant.

Je ne vous avais pas encore vue ainsi, Rayonnante d'un tel sourire séraphique, La pourpre au front, le sang aux lèvres, magnifique D'animation I

HARDY, à Olivier.

C'est que nous parlions tous deux.

Du théâtre, de ses prestiges hasardeux.

Et le ressouvenir de la Muse éternelle.

Planant sur ce beau front, l'a touché de son aile. Craignez, monsieur, craignez que Florise bientôt Ne cesse d'être belle ainsi 1

OLIVIER, ai'ec force.

Non. — Qiiel dévot A vu déchoir le Dieu dont il est idolâtre ?

Si le ressouvenir de ce rien, du théâtre, A pu sur son front 'pur verser tant de clarté, du'y mettront donc la vie et la réalité ?

Puisque la fiction, le vain portrait des choses Le fait rougir, — alors l'éclat sanglant des roses Y devra pour toujours fleurir charmant et doux Sous le rayonnement du bonheur !

HARDY, ai'ec ironie.

Croyez-vous ?

OLIVIER

Oui, je le crois. Il est si bon d'être crédule I

HARDY

Le vert palmier grandit au soleil qui le brûle.

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