Acte II, scène IV
C'est à qui va ravir cette innocente proie. Pymante et Jodelet, ardents comme des loups, Poursuivent Guillemette encore. Ils sont tous fous. Quant à ma comédie, on voit que leur caprice L'abandonne gaiement. Le lait de leur nourrice, Us s'en souviennent; mais, sous ces ombrages verts, Mes acteurs en délire ont oublié mes vers ! O muse des chansons ! ton chariot méprise Le sang pur de ta vigne ! Heureusement, Florise Me reste ; celle-là, franche comme le jour, N'est pas un vain jouet pour l'indocile Amour. Drame auguste, Florise est ta sévère amante : Tenir ton glaive sombre ou ta torche fumante, Voilà ses jeux ; son cœur céleste et vigilant S'enivre, Poésie, avec ton vin brûlant Dont sa lèvre de feu n'est jamais essuyée !
Apercevant Florise et Olivier, que le spectateur ne voit pas encore.
Mais qui vient par ici? Dieux! c'est elle, appuyée Au bras du comte. Il est troublé comme un amant, Et Florise, je crois, lui parle tendrement. Elle, mon seul recours! La méchante Florise! N'écoutons pas cela. Fuyons.
Hardy veut s'enfuir, mais à ce moment même entrent Olivier et Florise, continuant un discours commencé, et dans l'altitude où il vient de les décrire ; il n'a que le temps de se cacher derrière un feuillage. Il écoute ainsi malgré lui les premiers vers de la scène suivante, et sort furieux, en haussant les épaules, au moment où Olivier vient de prononcer ces mots ;
Je vous AIME.
î6o Florise.