Acte II, scène V. iCj
Flamboie, et dites-moi qu'il n'est pas véritable ! Dites-moi que ces fleurs ont volé leur saphir Et leur pourpre, et qu'à tort je crois voir le zéphyr Caresser leur feuillage et baiser leurs corolles ! Où, quand sa voix, les nuits, éclate en notes folles, Madame, dites-moi que le doux rossignol S'en est rendu le maître aussi par quelque vol. Mais ne rabaissez pas Florise que j'adore! Si les feux rougissants du soir et de l'aurore Sont des mensonges, si l'astre argenté qui luit Quand le soir tombe, est un mensonge de la ïiuit, Ou s'il suffit d'un mot désolant pour l'éteindre, Florise est une actrice habituée à feindre, Et peut plier son cœur à cette dure loi. Mais, ô mon seul trésor, ne parle pas. Tais-toi. Tais-toi ! tu me dirais encore des mensonges ! Et que me pariais-tu de chimère et de songes? C'est ton cruel adieu, c'est ta froideur qui ment; Mais ta lèvre en fleur, mais ton visage charmant Disent la vérité !
FLORISE, cachant son Irouhle.
Non.
OLIVIER
Ta fière prunelle D'or vivant me promet une joie éternelle. Et je l'écoute! Parie à présent, si tu veux! Dis, ce frisson léger qui court dans tes cheveux. Ces larmes, cette main qui brûle dans la mienne. Est-ce l'émotion d'une comédienne Ah ! tu sais bien que iion '
IÛ4
Florise.
Oh
F LO RI s Ej d'un ton glacé. '
Je ne vous aime pas.
OXIVIER.
FLORISE
Laissez-moi. Je veux être seule.
G LIVIER
A vos pas Je m'attache ! — Il me faut mourir ou bien vous suivre.