OI.I VIER
Oh ! taisez- vous ! il n'est qu'une Florise au monde!
F t O R I s E, avec une froideur feinte.
Oui, je suis jeune, et comme un beau ciel d'Orient
Vous voyez resplendir mon visage riant ;
Et, comme ces blancheurs, perles de mon sourire,
Mes yeux disent: Amour, et ma lèvre : Délire!
Evitez cependant leurs futiles appas,
Car ils vous promettraient ce qu'ils ne donnent pas.
Je suis comédienne, et, selon notre usage.
L'illusion menteuse habite mon visage.
Car je puis à mon gré feindre l'émotion;
Les feux de la colère et de la passion,
L'ironie et l'amour, enchanteresse habile.
Je puis les refléter sur ce masque mobile ;
Mais cette lèvre est froide et ce cœur est glacé.
Je vous l'ai dit. — Voyez, n'est-ce pas insensé
D'étreindre dans vos bras tremblants une ombre vague ?
De suivre un songe errant et vain comme la vague
Qui fuit sous le regard troublé des mariniers ?
Ainsi, ne m'aimez pas.
OLIVIER, avec exaltation.
Oh ! non, calomniez Ce vaste ciel d'azur où l'archer indomptable