Acte IV, Scène III
0 trois fois misérable! avec trop de petites Mines, — comme une dame en galant attirail Dirait : N'avez-vous pas trouvé mon éventail?
LUClN D E, furieuse.
Madame!
FLORISE
Un peu de feu, Lucinde ! — Que la lèvre Frémisse ! Un peu de sang au front ! Un peu de fièvre !
Lucinde jette un regard de haine A Florise, qui va prendre sa place près d'Olivier, Puis, sans lui r,.pondrc, eV.e continue son rôle.
LUCINDE, jouant Hippol} te.
Roi, c'est ici le grand désert éblouissant Que le noir Tanats arrose en gémissant : Comme noire courroux, nos haines sont vivantes. La pitié! garde-la pour tes pâles servantes!
FtORISE, se levant de nouveau, cl tout à fait hors d'elle-utêine.
Non, non! — Trop de froideur! — Actrice, il faut savoir Donner ton âme à ceux que tu veux émouvoir! Pas d'avarice! Non! Quand l'héroïne joue Réellement, alors le sang rougit sa joue; •
Son œil brûle et sa voix, comme le bruit des flols, Est pleine de menace et pleine de sanglots. Elle succombe, et puis se relève plus forte ^ Qu'auparavant! Eh! oui! si l'on en meurt, qu'in:porte Mais quel rêve ! Créer !
Prenant son front dans ses mains.
Florise.
Voyons, je les savais, Ces vers !
LUCINDE
Mais...
FLORISE, écartant Luciude par un geste impérieux et souverain.
Ote-toi, Lucinde!
A Hardy.
Allons, Je vais La dire, votre scène !
OLIVIER, profondément humilié et blessé.
En vérité, Florise, Que faites-vous !
FLORISE, s' exaltant.
Tout entière à son inspiration.
C'est une femme éprise Qui parle en son délire, et donne un libre essor A sa passion! — Vite, à nous deux, Rosidor! Rosidor, vaincu par l'émotion de Florise, se remet en scène dans Vattltude de son personnage.
FLORISE, jouant Hippolyte.
Comme notre courroux, nos haines sont vivantes. La pitié ! garde-la pour tes pâles servantes. Fais-moi mourir. Voilà ce que j'attends de toi. Quoi! cette solitude oîi je semais l'effroi, Dépeuplant au seul bruit de mon nom les rivages,