Acte IV, Scène III
HARDY, qui est allé se placer près des comédiens. S' adressant à Vautre groupe.
Nous allons donc vous jouer un fragment De notre second acte. En voici l'argument. Hercule et son cousin Thésée ont en des sites Barbares combattu les amazones Scythes.
Le roi Thésée a fait prisonnière la sœur De leur reine Antiope, et ce cruel chasseur Veut, avant de partir et de quitter la rive. Offrir la liberté lui-même à sa captive. La scène est entre eux deux.
Montrant Lucinde et Rosidor.
Je laisse maintenant La parole aux acteurs, dont l'accord soutenant Les agréments épars dans mon humble poëme, Lui donneront, j'espère, une beauté suprême.
CÉIIDÉE.
Nous écoutons.
HARDY, à Rosidor.
A vous !
Lucinde s'avance sur l'espace réservé pour représenter la scène, ainsi que Rosidor, qui s'e t magnifiquement campé dans une pose théâtrale, et qui prend des airs pompeusement tragiques.
C É L I D É E , regardant Rosidor. A part.
Quand il se campe ainsi, — Chose étrange, — il a l'air d'un héros!
Florise.
ROSI DOR
M'y voici. Jouant le rôle de Thésée.
Hippolyte, amazone à l'ardente crinière, Le sort entre mes mains t'a faite prisonnière ; Mais, à la liberté des peuples travaillant, Je ne veux pas courber au joug ce front vaillant. Sois libre!
L u c I N D E , jouant Hippolyte.
Misérable, ô trois fois misérable Hippolyte! O rigueur du destin qui m'accable!
FLORISE, Irrite'e vialgré elle de la froideur de Luciude.
Plus de feu! plus de feu!
L u c I N D E j yoî(rt«/ Hippol3'te.
Donc, lâchement cruel, Ton bras a désolé nos tribus sous le ciel, Et maintenant, brisée, abattue et meurtrie, Tu m'opprimes encor par cette raillerie! Roi, c'est ici le grand désert éblouissant Que le noir Tanaïs arrose en gémissant : Comme notre courroux...
Florise n'a cessé de suivre attentivement le jeu de Lucinde, récitant comme elle, mais des lèvres seulement, jouant avec elle, pour ainsi dire, et son impatience est allée croissant. Enfin ne pouvant plus se contenir, elle se lève et va à Lucinde.
FLORISE, interrompant Lucinde.
Trop de froideur ! — Vous dite!