SCÈNE PREMIÈRE
MERCURE
J'y guis enfin ! — Voilà Cythère, et la maison Où demeure Cypris dans la belle saison. Oh! je suis las! Mes pieds devancent les gazelles, Et quand je ne cours pas, il faut voler. Mes ailes
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N'en peuvent plus. Mon sort me devient odieux. Quel état que celui de messager des Dieux! Paresseux et gourmand, ce serait mon affaire De bien manger, de bien dormir, de ne rien faire Et d'économiser mon travail et mes pas. Chansons ! Je ne dors pas et je ne mange pas î Si je veux sommeiller sous la nuée obscure, Mille voix aussitôt m'appellent :
Imitant diverses voix de femmes auxquelles il répond à mesure qu'elles lui parlent.
— Ho ! Mercure!
— Hein? — Mercure par-ci ! — Quoi? — Mercure par-là! En haut! En bas! Partout! Las ou non, me voilà.
Au public.
Oui, dussent les chanteurs me cribler d'épigrammes, C'est moi qui fais encor les courses de ces dames. Celle-ci veut sa fliite et l'autre son tambour! Et ce n'est rien auprès des messages d'amour! A travers les grands cieux je vais de porte en porte, Et je les porte.
Après une pause.
J'en rougis. Mais je les porte!
Imitant le ion qu'il prend pour s'acquitter d'un message. Cher seigneur, ce jasmin vient de qui tu sais bien. Bon espoir. Et surtout pas un mot. N'en dis rien,
D'um voix plus douce, et comme s'acquittaut d'un autre message.
Ma Nymphe, Jupiter de là-haut te fait signe. Sois heureuse. Il viendra dans son habit de cygne.