‹ Comédies (volume 3)Chapitre 147 sur 229 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

M ZRCVKE, piqué.

De quelle part ! De la mienne.

VÉNUS, d'un ton glacé.

II est tard. Adieu, Seigneur Mercure. 11 faut que je me pare Pour le festin des Dieux.

MERCURE

Ne sois pas si barbare.

Demeure.

VÉNUS

Que veux-tu me dire?

MERCURE, regardant Vénus avec amour.

Les beaux yeux !

Tel est l'éblonissant rayonnement des cieux, Lorsque le dieu Soleil y guide son quadrige A travers des chemins de perles ! Mais, que dis-je l L'azur délicieux, dont l'astre d'or s'éprend, Ne vaut pas tes regards !

VÉNUS, très-surprise.

Tiens! qu'est-ce qui te prend^ Je ne t'ai jamais vu comme cela.

MERCURE

Tes vagues Prunelles ont gardé la profondeur des vagues Que sur l'immensité des mers tu contemplais, Le jour où tu naquis!

2J4. La Pomriie.

VENUS

Parle encor. Tu me plais.

MERCURE, à part, avec fatuité.

J'en étais sûr!

Haut.

Tu viens, et la terre est en fête!

Comment donc! On dirait que te voilà poëte!

MERCURE

Oui, je le suis. Pour toi! Le Rhythme, oiseau charmant. Entre dans mon esprit avec l'enchantement Que ta présence donne à l'univers physique, Et tout en moi devient harmonie et musique!

VÉNUS

Oui vraiment, c'est parler comme un faiseur de vers !

MERCURE

C'est que j'aime!

VÉNUS

Croîs-moi, les lauriers sont trop verts. Abandonne l'emploi de poëte lyrique; L'honneur en est douteux et le gain chimérique. Le génie est un gueux pensif qui meurt de faim.

MERCURE

Quoi! tant d'amour!...

VÉNUS

Soyons sérieux, à la fin.

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