Scène III
Mais comme Cela doit être bon de manger une pomme!
approchant encore la pomme de ses lèvres. Si je veux...
La retirant.
Non, c'est mal. Éteins-toi, mon désir, Meurs! si vous m'épiez, brise, tremblant zéphyr. Vous voyez que je suis sage et que je retire Mes lèvres de ce fruit caressant qui m'attire !
Avec dépit.
Vraiment, cette Junon est heureuse. Elle n'a Qu'à parler ! On irait jusqu'au fond de l'Etna Pour chercher ce que veut son caprice farouche. Douce pomme ! On dirait qu'elle baise ma bouche !
Parlant à la pomme.
Tu me lentes! Tu viens mêler ton souffle au mien, Charmeresse ! Va-t'en. Je ne veux pas.
Comme involontairement, elle donne un coup de dent et mord la pomme. Lui parlant.
Eh bien.
Folle!
Avec une philosophie résignée.
Tant pis. Le mal est fait. Il ne m'en coîite Pas plus d'en finir. Non. Je veux la manger toute. Ma foi! Junon verra son espoir envolé!
Je m'en moque, *
Mordant la pomme à belles dents.
Oh! c'est bon, bon comme un fruit volél C'est bon comme un tour fait à Junon!
Elle mange la pomme. Comme frappée d'une idée subite.
24<î La Pomme.
Que dirai-je A Mercure?
Se rassurant tout de suite.
Après tout, il me tendait un piège!
Chacun le loue avec raison d'être éloquent Et beau diseur; mais il est Dieu, par conséquent Homme; sachant fort bien lancer une épigramme, Si l'on veut, mais sot. Moi, je suis doublement femme, A tout le moins ! Les gens du sexe fort sont nés Pour être des pantins qu'on mène par le nez.
S'asseyant sur le Ut de repos.
Et je m'efforcerais à chercher que lui dire? Des raisons? J'ai mes yeux. Des mots? J'ai mon sourire!