Scène IV
MERCURE
Ma reine ! ma Déesse !
VÉNUS
Oui, mon cœur te pardonne Sans peine. Et puis...
MERCURE
Et puis?..
La pomme était si bonne !
Mettant un doigt sur ses lèvres.
Chut !
MERCUR E.
Chut!
Tirant de sa tunique ei montrant à Vénus une pomme tout à fait semblable à celle qu'on a déjà vue.
Et celle-ci, Déesse aux beaux cheveux, La veux-tu ?
VÉNUS
Voyez-vous ! le fourbe en avait deux !
MERCURE
Non.
VÉNUS
Comment, non!
MERCURE
J'en suis allé cueillir une autre Par prudence, tandis que tu croquais la nôtre. Elle est plus belle et plus appétissante encor,
264 La Pomme.
Elle a l'odeur de l'ambre et la couleur de l'or. Tiens, prends,
VENUS, prenant d'ahord la pomme, puis la rendant dédaigneusement à Mercure.
Non. Celle-ci ne me fait plus envie.
Et l'autre plaisait tant à ta lèvre ravie!
VÉNUS
C'est vrai. Je l'ai croquée avec tant de plaisir! Qui lui donnait ce charme irritant?
MERCURE
Le désir!
Au public.
Vous, ne dédaignez pas une chanson frivole !
Ce conte, plus léger que la brise qui vole,
Est vrai comme la vie et comme nos amours.
Car, tant que miiriront les fruits vermeils, toujours
La femme y voudra mordre, et, tous tant que nous somme
Nous aimerons toujours les mangeuses de pommes !
DEIDAMIA
CO^JÉTHE HÉTIOÏQJJE