‹ Comédies (volume 3)Chapitre 166 sur 229 · Acte L Scène I · texte numérisé non relu

Acte L Scène I

A ce moment, Achille s'éveille, et levé à demi, sans être vu de Thêtis et des Néréides, écoule les paroles de sa mère, avec curiosité d'ahord, puis avec une impatience indignée. — Thétis continue :

Or, voici quel projet est né dans mou esprit.

Lycomède, privé d'une épouse qu'il pleure,

A des filles, orgueil charmant de sa demeure.

Je veux que mon Achille, à cette heure endormi,

Caché sous les habits d'une vierge parmi

Ces princesses, grandisse et vive au milieu d'elles.

Cependant vous serez à mon secret fidèles;

Ainsi j'éviterai les embCiches du sort.

Que plus tard, affrontant les Kôres de la mort,

Suivant Ares tueur de guerriers, dans la plaine,

Il tombe pour venger la querelle d'Hélène,

Ayant d'un rouge sang teint l'affreux Simoïs !

Il pourra de la sorte, étant mon divin fils.

Destructeur d'Ilios, périr l'âme ravie :

Car j'entends protéger sa gloire, et non sa vie.

Qu'on me le prenne alors! mais jusque-là je veux

Cacher mon fils, mon cher Achille aux beaux cheveux,

Et savourer du moins ce bonheur éphémère

De protéger sa chère enfance !

A ce moment, Achille s'avance impétueusement et interrompt sa mère.

ACHILLE

Eh! quoi, ma mère! * Dis-tu cela!

Sur un signe de Thétis, les Néréides entrent dans la grotte et disparaissent.

270 Deïdamia.

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