Acte II, scène I
D ElD AMIA.
Je te dis qu'ils viennent me le prendre! Ils se seront doutes de son déguisement ; Et, comme il vaincra seul dans Uios fumant, Ayant dompté Priam et détruit sa demeure, Ils vont me le ravir, et c'est pourquoi je pleure.
p E R s É I s , pensive, Ulysse et Diomède ici!
Z E u X o , à Deldamia.
Ma «œur, dis-moi.
Ton Achille a-t-il su qu'ils sont ici?
DEÏD AMI A.
Le Roi L'a dit devant lui. Comme un fauve en son repaire, Achille se taisait. Mais sitôt que mon père Fut sorti, je le vis d'un geste vif et prompt S'élancer. La rougeur lui montait sur le front. Alors, ô Perséis, comprends mon épouvante! Il voulait aller voir ces héros que l'on vante. Il voulait leur crier : u Celui que cherche Hellas Pour venger le divin Atride Ménélas, Le voici! » Vainement je le nommais parjure, Et je baignais de pleurs sa belle chevelure; Comme un jeune cheval qui, la colère au flanc. S'élance dès qu'il a senti l'odeur du sang, 11 bondissait, u O sort cruel qui me diffames, Criait-il, c'est assez vieillir parmi les femmes ! »
29<5 Deïdamia.
Puis tout à coup, prenant mon front pour le baiser, Il me nommait : Peureuse! et moi, pour l'apaiser. Je lui montrais son fils, riant comme l'aurore! Enfin, il l'a promis, pour quelques jours encore Il se résigne à feindre; il veut bien que mes pleurs S'épuisent! Mais j'ai peur de ces deux oiseleurs, De ce fier Diomède à l'œil fauve, et d'Ulysse, . Qui me déchireronc le cœur avec délice.
PERSÉIS.
Ulysse !
THOÉ.
On dit qu'il est rusé comme un voleur.
ZEUXO.
La persuasion sourit comme une fleur Sur sa lèvre.
PERSÉIS.
Il est plein d'inventions subtiles.
THOÉ.
Il en a plus que n'ont d'épis les champs fertiles, —
ZEUXO.
Et sage, varié, formidable, étonnant.
Il volerait la foudre aux mains de Zeus tonnant.
THOÉ.
Toujours l'ingénieux mensonge ourdit ses trames,
PERSÉIS.
Je le veux bien. Mais nous, m'es sœurs, nous sommes femm