‹ Comédies (volume 3)Chapitre 185 sur 229 · Deïdamia · texte numérisé non relu

Deïdamia

DEIDAM lA.

O mes sœurs, vous savez que de tous inconnu,

Déguisé parmi nous, Achille est devenu

Mon époux, et qu'enfin, gage cher et suprême

De notre ardent amour, le doux Néoptolème

Est né, mystérieu'c enfant, beau comme un lys.

Certes un jour, ainsi que l'a prédit Thétis,

Et d'avance il faut bien que mon cœur y consente,

Achille doit s'enfuir sur la mer gémissante.

Alors, mes sœurs, alors sous le fouet du Destin,

Mon époux exilé, vers un pays lointain

S'en ira, chef terrible, en emportant ma joie,

Tuer et puis mourir au rivage de Troie.

Je m'y résignerai, les Dieux m'en sont témoins !

Et sans faiblir, mais, ô mes sœurs, Je veux du moins

Comme un vin généreux dont le feu nous enivre.

Savourer les instants qui me restent à vivre.

Or voici ce qui cause à présent mon effroi :

Ulysse est tout à l'heure arrivé près du Roi ;

Diomède avec lui, fendant la mer stérile,

Est venu. J'en suis sûre, ils veulent mon Achille!

Z EUXO.

Que dis-tu ?

D EÏD AMIA.

C'est bien lui qu'ils veulent ! mon trésor ! Excepté lui, qui donc peut affronter Hector, Chef plus impétueux que le flot du Scamandre?

PERSÉIS,

En effet.

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