‹ Comédies (volume 3)Chapitre 196 sur 229 · Acte II, scène III. jii · texte numérisé non relu

Acte II, scène III. jii

Lance, tu fais tomber les guerriers de leurs chars, Et la main du héros par toi n'est pas trompée,

ACHILLE, entraîné malgré lui par la fascination de l'épée.

Et toi, sainte compagne, épée, ô chère épée, — D E ï D A M 1 A , bas à Achille.

Tais-toi.

Haut.

Mais à quoi bon rêver? Mes jeunes sœurs, Nous, qui du chaste hymen goîiterons les douceurs, Laissons l'airain cruel aux amazones Scythes. Pour soulever ce poids elles sont trop petites, Nos mains que peut rougir le vent aérien !

ULYSSE, bas à Dioméde. Avec dépit.

Diomède, il est dit que nous ne saurons rien.

D E ï D A M I A , à ses saurs, qui ont déposé les armes

qu'elles avaient prises, et qui,

groupées autour de la table, admirent les joyaux.

Voyez ces joyaux d'or où luit la chrysoprase !

DIOMÈDE, bas à Ulysse.

Pour moi, dans la fureur si juste qui m'embrase, Je prendrais le vieillard et les filles et tout, Et si tu le voulais, ami, car mon sang bout. Qu'il aient Achille ou non comme tu le désires, Nous les emporterions en mer, sur les navires!

Deîdamia.

U L YSS E j coulenant DioméJe. — Avec un sourire. Non pas. Je le l'ai dit, nous chassons au filet. deîdamia, à Perséis.

Toi, prends ce collier d'or, avec ce bracelet.

A Tkoc.

Toi, cette agrafe.

A Zeuxo.

Et toi, ces lourds pendants d'oreilles Pareils aux purs Joyaux pleins de clartés vermeilles Que naguère Aphrodite a reçus de èon fils.

■ A Achille. ■ '

Pour toi, qui parmi nous est la plus sage, Iphis,

, Lui tendant une quenouille.

Prends, pour charmer tes yeux ourle ciel se reflète, Cette quenouille, avec sa laine violette!

Comme Achille hésite, elle le regarde tendrement, et insiste.

Prends, chère âme. Elle est belle et d'un travail parfait. ACHILLE, prenant la quenouille.

Oui, la quenouille sied aux femmes, en effet!

L'épouse diligente, en sa maison tranquille

Tient dans ses doigts pensifs la quenouille ; elle file.

Et sa laine toujours s'épuise, et le fuseau

Voltige dans sa main de lys, comme un oiseau,

Et toujours attentive et sans reprendre haleine

D'une main diligente elle file sa laine.

Songeant au cher époux qui d'un pays lointain

Doit revenir vainqueur et chargé de butin.

Où l'emportent les Dieux? Que fait-il à cette heure?

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