Acte II, scène III
Et ces armes pour toi, d'un curieux travail, Où l'airain etl'étain sont rehaussés d'émail. , Car, même vieux, on a l'âme encore occupée De tout ce qui charma la jeunesse.
Tandis que les Princesses admiraient les présents offerts par Ulysse, Achille est resté indifférent et distrait. Mais au moment où le roi d'Ithaque montre à Lycomède les belles armes qu'il a apportées, il relève la tête, puis tout à coup, voyant parmi les armes briller la lame d'une épée nue, il la saisit et s'en empare avec un cri de joie.
ACHILLE, saisissant l'épée.
Une épéc!
ULYSSE, bas à Diomède.
Vois comme il a saisi l'épée !
DIOMÈDE, à Ulysse.
Et dans sa voix Entends-tu la fureur du héros?
ULYSSE, à Diomède.
Celte fois, C'est lui!
D E ï D A M I A, rapidement, à ses saurs. ThoélZeuxo! Perséis! A mon aide I Vite, pour dérouter Ulysse et Diomède, Imitez la fureur qui dans ses yeux éclot!
Effrayées de l'imprudence du héros, les Princesses sont restées un moment interdites. Maii elles surmontent vite leur émotion, et, averties par Deïdamia, elles s'empressent d'imiter l'une après l'autre le transport, le cri et le mouvement furieux d'Achille.
310 Deïdamia.
D I O M È D E , à Ulysse.
Il est pris!
A C H I L L E j toujours en proie à sa rêverie guerrière, et contemplant l'épée.
Une épée!
p E R s E I s , prenant un arc.
Un arc !
T H O É , prenant un javelot.
Un javelot!
DEÏDAMIA, prenant un casque et le posant sur sa tête.
Un casque!
Saisissant un bouclier, dont elle se couvre. Un bouclier brillant d'or!
Z E U X G , prenant une lance.
Une lance !
DEÏDAMIA.
Aux champs oîi le cruel Ares hurle et s'élance, Toi, casque, ton cimier fait planer la terreur! Toi, bouclier, ton choc arrête la fureur De l'assaillant !
THOÉ.
Ainsi qu'une grenade miîre, Dur javelot, tu mords et tu rougis l'armure!
PERSÉIS.
Grand arc, tu fais au loin voler des traits épars !