Acte /, scène Vil
GNIPHON.
Conseille-moi ; je bous comme une lave !
ÉROS
Eh ! que puis-je?
GNIPHON.
Il me faut ce qui soumet les cœurs, Les sucs mystérieux que l'art des enchanteurs Distille.
ÉROS
Quoi?
GNIPHON.
Ma joie étonnera l'aurore !
Un philtre seulement, Éros, et je t'adore !
ÉROS
Ah! les philtres qui font aimer!
GNIPHON, affrian.Jé.
Oui.
ÉROS
Tu les veux ?
Lh bien ! connais-les donc, ce sont les blonds cheveux F-Lpars, et dans lesquels le veut libre se joue, ' ;'est le courage au cœur, c'est le sang à la Joue, ' est l'ardeur pour la guerre et les nobles travaux. ' est une main habile à dompter les chevaux, i..est une âme éveillant les sanglots de la lyre, C'est la passion folle, ivre de son délire, Knfin, c'est l'amour même, effaré, triomphant, Balbutiant des mois chéris comme un enfant, Et puis lançant la foudre avec un bruit d'orage. Mais toi, vil, tout gonflé d'une impuissante rage.
32 Diane au bois.
Les Nymphes au beau front s'enfuiront de tes bras, Riant de ton cœur lâche, et toujours tu seras L'objet de leur dédain et de leur raillerie !
G N I p H O N, terrifié el suppliant. Amour !
On entend h bruit lointain des cors ÉROS, prêtant l'oreille.
Silence.
A part.
Toi, reine de la féerie, Diane, chasseresse aux pieds d'argent, ce cor, C'est un défi, cruelle, et c'est ta voix encor! Tu me hais, tu me hais. Prends garde à toi, je t'aime,
GNi p H ON, de même.
Amour!
ÉROS
Adieu, Gniphon.
// sort, en continuant de prêter l'oreille au bruit du cor.