‹ Comédies (volume 3)Chapitre 201 sur 229 · Acte II, scène V · texte numérisé non relu

Acte II, scène V

Haut. Avec ironie.

Je te crois. Et d'ailleurs, que nous importe? Achille Est bien ce que tu dis. La servante qui file, La colombe, un agneau de trois jours, ébloui Par ia lumière, sont plus terribles que lui. Aux pieds de quelque reine amoureuse, épris d'elle, Ce prétendu héros dort comme un chien fidèle. Heureux, vil, et n'ayant des Dieux aucun souci ! Roi, j'en tombe d'accord. Mais s'il en est ainsi, Crois-moi, ne songe plus à tenter une attaque D'Ilios. Va soigner tes poiriers dans Ithaque. V^a revoir ton porcher Eumée et ton berger, Et ton père, le vieux Laërte, en son verger. Ne prive pas de toi la sage Pénélope!

Car Troie avec ses tours que la nue enveloppe S'élèvera toujours vers le ciel radieux. Si les héros sacrés sortis du sang des Dieux, Lorsqu'autour d'eux la guerre a déchaîné sa rage. Courbent vraiment leur tète ainsi que sous l'orage Se courbent les épis, espoir du moissonneur, Et si vraiment Achille est un lâche, seigneur ! Crois-moi donc. Va revoir ton Ithaque stérile. Il s'éloigne a' un pas rapide et va pour sortir ; puis reprenant la contenance et les allures d'une jeune fille, il revient vers Ulysse.

Mais pardon, j'oubliais ma quenouille.

Il prend la quenouille et sort lentement, tandis qu'Ulysse le sujt des yeux avec une ardente curiosité.

Î20 Deïdamia.

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