ULYSSE, DIOMÈDE
D I O M È D E, entrant, à Ulysse-
Est-ce Achille?
ULYSSE, comme frappé d'une inspiration soudaine. C'est lui ! Le soleil sur sa chevelure d'or Flamboyait. Dans ses yeux j'ai vu la mort d'Hector. Oui, moi-même, — Ilios, tremble dans tes murailles ! — Je romprai le filet aux invisibles mailles Où le cruel Amour le tient captif. Alors Tremble, ta gloire ancienne et tes espoirs sont morts! Avec lui le divin héros sur les nefs noires Amènera le chœur palpitant des Victoires, Et leurs ailes battront dans le souffle du vent; L'Épouvante et l'Horreur sur son casque mouvant Frissonneront, hurlant d'une voix inconnue. Car Athènè, pareille à l'éclair de la nue Qui de l'orage noir s'élance vif et prompt. Volera, furieuse, au-dessus de son front; Et les Dardaniens sentiront leur désastre Naître et grandir, lorsqu'ils verront, ainsi qu'un astre, Dans le combat ardent, sombre et démesuré. Ses armes resplendir sous le ciel azuré !
Ulysse et Dioméde entrent dans la maison. Le rideau
tombe.