Acte III, scène IL
Pour qn'ils aient à veiller, laissant dormir les rames, Sur leurs propres maisons et sur leurs propres femmes. C'est pourquoi nous partons.
THOÉ.
Qu'un vent propice et doux Guide vos nefs !
Z EU xo.
Que nul pressentiment jaloux Ne trouble vos chers cœurs !
P ERS Éi s.
Et qu'un Dieu même allège Le vol éblouissant de vos voiles de neige!
Sans doute de tels vœux doivent nous protéger.
Mais l'ennui du départ nous sera plus léger,
O vierges, en quittant ce Roi qui nous honore,
Si l'une de vous prend la cithare sonore
Et nous dit quelque chant ailé, dont la douceur
Nous charme, et soit pour nous ce qu'est pour le chasseur
Fatigué, le ruisseau qui murmure et soupire !
LYCOMÈDE, à Achille.
Chante, mon Iphis, toi qu'Apollon même inspire I
ACHILLE
Moi! •
LVCO M ÈD E.
Ta voix rafraîchit mon vieux cœur altéré.
32(5 Deïdamia.
ACHILLE
Moi, seigneur!
DEÏDAMIA, bas à Achille.
D'une voix caressante.
Obéis.
ACHILLE, haut.
C'est bien. Je chanterai.
LYCOMÈDE, à Dcidamia.
Toi, Deïdamia, viens ici. Prends la lyre.
Tandis que tous se groupent autour d'Achille et de Deïdamia, Ulysse entraine Diomède à l'écart et lui parle las.
ULYSSE, bas à Diomède.
Voici l'instant. Sitôt qu'Achille, en son délire. S'enfuira, va, suis-le. Trouble son cœur sans frein! Toi-même, attache-lui la tunique d'airain El le casque mouvant. Que la fureur guerrière Le prenne, et que Thétis elle-même soit ficre De voir rougir le front menaçant de son fils !
DIOMÈDE, las à Ulysse.
Ami, je le suivrai.
ULYSSE, haut à Achille.
Nous t'écoutons, Iphis.
ACHILLE, chantant.
Oh! protège les nefs rapides, Thétis, déejfe au peplos bleu,