‹ Comédies (volume 3)Chapitre 206 sur 229 · Acte III, scène IL · texte numérisé non relu

Acte III, scène IL

Qid dans l'azur des flots fplendides

Réfléchis le foleil de feu!

Tous les Dieux, que le ciel effleure,

Déftr aient ta belle demeure

De clairs Japhirs et de coraux :

Tous, ils t'adreffaient leur prière ;

Mais toi, dans ton dme guerrière

Tu leur préféras un héros !

On entend un bruit de trompettes d abord confus et comme étouffé. Achille interrompt son chant et dit d'une voix déjà émue et inquiète :

Mais quel est donc ce bruit effrayant?

ULYSSE, rassurant Achille.

Chante encore.

Ce n'est rien. C'est la mer qui gourmande à l'aurore Les blancs coursiers d'écume et les cruels typhons, Et qui hurle d'horreur daqs ses gouffres profonds.

ACHILLE, chantant.

Car le héros en fa démence Est l'image du flot amer !

Pareil dans la mêlée immenfe Aux fureurs de la vafle mer, Il court, femblant avoir des ailes; Et parmi les flèches mortelles Riant à l'airain qui le mord.

Il va, la main de fan g trempée, Cherchant le baifer de Vépée <

Et la carejfe de la mort !

Le bruit de la trompette éclate rapproché et formidable.

328 Deîdamia.

Tous les personnages, excepté Ulysse et Diomède, sont frappes i'clonnemenl ou d'épouvante. Achille transporté de fureur s'écrie :

Écoutez ! Ce sont eux ! Par quelque affreux prodige Ils sont venus! Ce sont les Phrygiens, vous dis-je! O Deîdamia! sur toi, sur vous, mes sœurs, Ils oseraient porter leurs mains, ces ravisseurs! A ce moment Achille aperçoit l'èpée placée sur la table et la saisit avec une âpre joie.

Une épée !

ULYSSE, feignant de vouloir retenir Achille. A quoi bon ta fureur indocile, Pauvre Iphis!

ACHILL E.

Laisse-moi passer. Je suis Achille!

Il écarte de la main Ulysse, et sort en Grandissant son épée. Diomède le suit.

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