‹ Comédies (volume 3)Chapitre 211 sur 229 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SCAPIN

Ciel napolitain, fait d'azur et d'or vermeil, Vois Scapin triomphant! Regarde-moi, soleil! Baise ma chevelure. Aurore aux doigts de rose! Je suis riche!

Montrant le sac qu'il lient.

J'ai là, dans ce sac, le Potose.

// sort du sac des hardcs précieuses, des joyaux, des sacoches d'or, qu'il remet dans le sac dés qu'il Us a montrés.

j^o Les Fourberies de Nérine.

Étoffes! diamants! sequins!

Après avoir tout remis dans le sac.

J'en ai beaucoup.

Il remonte la scène, regarde au fond avec une inquiélitde rusée et revient.

Hé! Nul ne peut m'entendre ici?

Au public.

J'ai fait le coup.

Confidentiellement au public.

Géronte hier souffrait depuis l'avant-veille. Est-ce Du mal mystérieux qu'on nomme la vieillesse? Je ne sais. Mais enfin cet honnête homme a pris Son vol vers le séjour oîi vivent les esprits. Il est mort. Rien de plus. Tandis que ses prunelles S'ouvraient à la clarté des choses éternelles.

Gaiement.

Hélas!

Changeant de ion.

J'ai couru vers le coffre, et, sans fracas, J'ai pillé les joyaux, les hardes, les ducats! J'ai tout pris. C'est en vain que la Fortune triche; A présent, je la tiens aux cheveux. Je suis riche ! Adieu Naples, je pars ! Près de tes flots dormants J'ai trop longtemps servi d'imbéciles amants; A l'avenir, je veux intriguer pour moi-même. Oui, c'est moi dont je sers les beaux amours ! Je m'aime. Vous mêlerez pour moi dans les riants manoirs, Hyacinthe au front d'or, Zerbinette aux yeux noirs, Vos chansons aux sanglots de la vague indocile! Et je vais te revoir, Éden, verte Sicile, O terre des épis tremblants et des grands lys,

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